mardi 9 juin 2026

ONEOHTRIX POINT NEVER - I BITE THROUGH IT

Du haut d’une montagne d’instruments désaccordés, un loup gueule à la Mort. 

Sa plainte est de métal, ses souffrances, bien réelles, lui perforent les poumons.

Une armée de chênes désabusés absorbe l’écho du corps qui se tend et se recroqueville parmi les cadavres aux dents creuses, obsédant bordel. 

D’une vie sur le point de chavirer, il faut prendre appui – 

Que restera-t-il de nos souvenirs après que la dernière note se soit évanouie entre les étoiles? 
Les astres se mettront-ils à chialer? Probablement pas. Nous ne sommes que des bâtons de poussière, irrigués par quelques litres d’un nectar volatile, incapables de nous sauver . 

Le Néant, juché sur son trône en cristal, ne nous quitte pas des yeux. On a beau lever les bras, frapper le sol de nos jambes décharnées pour tenter d’accrocher le rythme, toute résistance est inutile. Les soirées mémorables ont toutes une fin. 
Tragique et décalée, d’ailleurs. 
Ne sont-ils pas idiots, ces troupeaux de fêtards, à trainer leur carcasse puante sur les parkings, aux premiers soupirs de l’Aube, l’organisme en manque de came, leurs yeux vitreux d’avoir trop dansé, vibrant sans cesse, à la recherche d’une ultime dragée interdite? 

Que reste-t-il de ces deux êtres, qui toute la nuit, se sont enlacés? 

Un synthé solitaire balaye leur romance en une portée, y’a plus qu’à rentrer seul, le visage sale, l’esprit embrouillé, ou ne pas rentrer du tout, et se coucher en chien de fusil, tel un bâtard aux longues oreilles tristes, tout contre le bitume. 


à quoi bon persister? 

S’attacher à un corps transi, pour la délicatesse de ses courbes et son odeur… tu l’aimeras toujours, dans 120 piges, quand il ne sera que lambeaux dégueulasses, abandonné sous terre, habité par les vers? 
Le poids du Temps se fait trop lourd, la balance est fêlée. D’une craquelure plus profonde qu’une autre se hisse maladroitement une bribe de voix parasitée, son chant sème la Terreur parmi les goules au teint crayeux. Elles s’éparpillent en glapissant, l’échine déchirée à grands coups de désespoir, les yeux révulsés par un passé maudit. 
La plus grande d’entre elles passe un doigt décharné sous sa paupière, afin d’en recueillir une goutte vermeille. 
Ses pieds cessent de s’agiter. 
Elle stoppe sa course sans fin au pied d’un char couvert de mousse. 

Éreintée, elle se laisse tomber à terre, bruit sec d’os pourris qui se brisent, un nuage verdâtre encadre sa carcasse, quelques mouches vrombissantes, excédées par tant d’audace, décollent de leurs perchoirs. 

Le morceau touche à sa fin, la goule le sait. Ce qu’il reste de ses yeux, brille d’un éclat nouveau. Verts sont ses iris, autrefois complimentés, deux trous sans fond, qui roulent en gémissant. 

L’album d’Oneohtrix Point Never sort en novembre : l’espoir s’est bel et bien noyé dans un souvenir, rongé par le froid. Avec ce premier morceau, il signe la fin d’un Monde qui fait écho à la perte de l’être cher que l’on ne pourra plus jamais prendre dans ses bras. 

Alors, dis-moi, prophète des Temps Perdus, comment je fais, à présent?  




(C'est un vieil article, qui date de 2015 )

IDEAL SPLEEN

Loin de toi, je m’autorise à rêver, de nouveau. C’est ta silhouette qui renaît indéfiniment derrière mes paupières, nos mains s’entrelacent et fondent, éclaboussant l’univers et ses étoiles bouillantes. Toi qui revêts multiples peaux, et qui rêvaient à mille formes, promets-moi de te montrer moins amère lorsque je me réincarnerai en somptueux renard ; je porterai notre progéniture de renardeaux à même le dos, protégés par une forêt dense et fruitée, d’une infinie tendresse.

En attendant, je suis ici. Une femme, assise en face de moi, m’agace.
Elle se fatigue les nerfs sur de la mauvaise littérature, la pauvre. J’aimerais pas être dans son lit, entre les draps craquants et secs. La brume, dehors, tombe droit comme un rideau. Elle a perdu de sa candeur évanescente et coule cash, blasée, engloutissant bêtement le paysage, lointain souvenir. L’intérieur de mon crâne appuie ses vieux os contre mes rêves, de moins en moins doux. Tout se disloque et meurt, malheur à celui qui oublie de sauvegarder

Un homme sans visage (peut-on réellement dire que c’est un homme ? vaste question… Un veston noir, comme ses larges épaules, déborde sur son pantalon sans pli, râpé aux genoux) m’étudie à l’aide de ses deux mains, parcourant mon corps comme un antique chercher d’or fouillerait la terre de ses doigts durs, c’est ce contraste des textures qui me rend dingue, le contrôle s’impose et descend le long de mon ventre, il pose son semblant de gueule triste contre ma raison folle, relâchement de mes sens, j’emprisonne son dos de toute la lâcheté de mes deux bras.

Forgeons ! Ensemble

une ère nouvelle, gouvernée par les ouvertures, libre de royalement s’écrabouiller la gueule contre des coeurs de nacre, des croupes d’ébène, soutenons la masse grouillante et léchons toutes les âmes pleines ; à corps perdu je me jette dans la bataille, si ce que je ressens est chimère Pure eh bien TA MERE, je dompterai les éléments.
Sous l’urne bafouée, une poignée de Losers grelottent en tapotant fébrilement leur smartphone. L’un d’eux a un bout de bois de verre dans l’oeil, le liquide chaud et pourpre glisse abondamment sur son visage. Plus tôt dans la matinée, il s’est battu avec son père mort, qui n’avait pas les mêmes idées que lui. L’Ancien lui a collé son poing dans la figure, brisant ses lunettes, qui, en se défragmentant, ont pénétré mollement son globe, à la manière d’un couteau aspiré par une brique de beurre fondant.
La diversité de nos flux, c’est là tout l’intérêt de notre existence. Je suis dans tes bras parce que tu as capturé mon ombre, qui s’est mélangée à la tienne, comme une naissance, et je t’en remercie.

Tous rêvent à la plus grosse part – certains d’entre eux dans l’idée de la partager, j’espère. J’vous aime et vous déteste ! parce que vous m’avez remarquée.
j’agite bêtement mon corps et me surprends à croire, au rythme dingue d’une sérénade dorée, qu’il existe quelque part une femme belle, pour me dompter.
Les guitares du temps transcendent la mesure; je n’ai plus que mes dents, pour battre la brisure et je me noie, me noie dans le miasme de nos élucubrations… steuplé madame, accepte ma présence, je soutiendrai ton âme jusqu’à la mort, jte JURE ! n’étrangle pas trop, les opprimés. C’est toi, c’est toi qui tous les jours me brûle, avec ta verve, tes obsessions, par delà les nuages, j’entrevois l’alter-réalité. Et ça me plaît, t’entends ?

Oui ça me plaisait.

Tu m’as enseigné l’extase, j’ai jeté la patience, elle gît aux pieds d’un arbre triste, pas loin du tombeau d’une grande Reine oubliée. Tu voudrais bien m’accompagner encore un peu ? Toi qui nourris mon âme et la guide à travers ces Ténèbres glissantes, je ne te duperai point, au contraire.
La route n’a plus vraiment de début, demain est dépassé depuis des lustres.
Un peu de calme, à l’intérieur d’une petite cabane en bois, nous fait du bien.
Un chat, rond et joyeux, nous inonde de câlins.



(c'est un viiiieux texte qui date de 2018) 

URBAN BLUES

Oui, je devrais laisser ton souvenir de côté pour une vie plus noble, une vie facile et ouatée. Pourtant, j’ai les mains qui attrapent deux/trois pinceaux qui traînent, le poil hirsute comme les lionnes endormies, pour tenter, une fois encore, de te peindre. Je me penche par-dessus ton épaule et me cogne le front au violon que tu brandis pour m’éloigner. Bah, tant pis, je te vénérerai seule dans mon coin, les paumes taillées par la jungle. TAXI ! jette-moi au centre ville, ici j’étouffe, je veux que le tumulte de la ville m’électrifie, me démembre et m’avale, puis recrache mes os sur le trottoir. Mieux vaut crever au centre de tout de manière anonyme, qu’à l’aube du dernier rêve tiède roulé en boule dans son lit. Mon château de cartes se prend un coup de patte de chat, y’a le parquet qui se marre, je saigne du nez. Bordel ! Qu’on me file une couronne, j’ai cassé ma canine sur une fève en plomb, je peux coincer mes clopes dans le trou et souffler la fumée par là, on dirait un dragon.

Tout l’album déchire mais je crois que le point d’orgue est atteint sur la track 4, Why Can’t I Fly, parce que j’me pose la même putain de question, ça vaudrait tellement plus le coup.



BAD BOY LOVESTORY

Tu n’imagines pas à quel point tu me fatigues le coeur

Va falloir penser à arrêter, car ça plus la ———, ça fait beaucoup pour un seul homme.
ouais c’est il , ouais c’est lui, un coeur un seul, biberonné aux histoires qui finissent bien, imbibé du parfum des femmes depuis son premier battement, même de celles qui ont tourné les talons, even if on est bien en basket, tu vois exactement où je veux en venir.

oui je suis sexy, et j’suis toxique hmmm si tu m’aimes tu paieras le taxi

Elle l’a fait (payer le taxi à l’autre bout du globe) et pourtant le gouffre est immense

Cet album est le truc le plus pur et le plus complet que j’ai écouté de ma vie.

Une fois encore, on pourrait penser que j’exagère… pourtant c’est réel.

Theodora a réussi ce que personne n’avait réussi avant elle : proposer un disque dansant, fun et déchirant sous des airs de machins commerciaux de bas étage. Je suis obligée de drop name l’ignoble Aya Nakamura que vous encensez sans savoir, sans goût, je suis personne et pourtant je vous l’affirme : Bad Boy Love Story est l’album parfait que l’on attendait plus.

Qui n’a jamais rêvé d’un conte acidulé sur lequel se déhancher jusqu’au bout de la nuit ?

a good sin, voilà, c’est exactement ça.

on y est.
tends l’oreille et écoute.

J’aime cet album de tout mon coeur et de toute mon âme, c’est difficile de trouver les mots,
faut l’écouter pour comprendre,

elle se met totalement à nu pour nous , je trouve ça prodigieux.

FNG ouvre la danse de la plus belle des manières, FASHION DESIGNA (ma préférée) nous envoie dans la stratosphère.

SORRY SORRY SO a le refrain le plus clean de l’histoire des refrains, tous les morceaux sont craquants.

Une demi-heure.

ça ne dure qu’une putain de demi-heure.

J’ai pour habitude de ne rien regretter, mais imaginez un peu ce qu’on peut faire en une demi-heure.

My failure was that I got used to it.



I'm BACK

Coucou :D


Me revoilà. 


La Chambre du Robot.net est DOWN, je veux plus en entendre parler. Me revoilà sur Blogger, avec 

La Chambre du Robot qui regroupe mes textes ciné et littérature, et ici, mange mon disc, qui regroupe mes articles musiques.


Bonne lecture  ! 


(oh, et voici mon profil Rate Your Music pour les plus curieux d'entre vous. J'ai des listes cools et y'a tout ce que j'ai écrit ces dernières années dessus) 





mercredi 16 mai 2018

Plai Plai Plaiiiiid

Ce n'est un secret pour personne, Plaid est l'un de mes groupes préférés.
et c'est dingue, à chaque fois que j'enclenche un de leur morceaux, je deviens folle.
même après tant d'années...




Y'a pas longtemps, à une soirée, je me suis vue entourée de 2 musicos assez calés (l'un est photographe/chroniqueur et l'autre un truc tout aussi "poussé")  Et je me suis retrouvée à devoir expliquer, avec des mots COHÉRENTS, pourquoi j'avais osé dire que "New Family" était dingue, pourquoi j'avais osé balancé que c'était du GENIE, alors qu'eux, ils n'y voyaient qu'un son très moyen, pas ouf techniquement. 



Ta Gueule, avec tes termes techniques, tes mythes et tes exigences.

je ressens tellement de choses différentes en écoutant ce morceau qu'il serait vain d'essayer de les rassembler sur papier (ou ordi)
je pense que le meilleur carton de LSD du monde est à des milliers de kilomètres de puissance d'une minute de New Family.
je crois que grâce à ce morceau je comprends un peu mieux ma présence sur Terre.

Si tu avais prêté plus attention, si tu avais regardé au-delà de tes préjugés et si tu avais saisi la main que je t'ai tendu mille heures durant,
tu aurais plongé à coeur perdu dans la lumière;

Peut être que leur Live était en-deça de mes espérances, très largement même, mais ça fait rien, ce fut un sacré périple et je continuerai d'écouter leurs morceaux avec fougue et dévouement. (bon, j'avoue qu'ils ont quand même intérêt à se réveiller, leurs dernières sorties sont pas vraiment à la hauteur)

enfin voilà. Mon papier le moins perché pour l'un de mes groupes préférés, contradiction quand tu nous tiens (:
tfaçon c'est pas comme si j'étais lue, hin ! surtout ici

ONEOHTRIX POINT NEVER - I BITE THROUGH IT

Du haut d’une montagne d’instruments désaccordés, un loup gueule à la Mort.  Sa plainte est de métal, ses souffrances, bien réelles, lui per...