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lundi 15 juin 2026

Aphex Twin - Flim


Oh purée, ce son a 29 ans

au moins. 

C'est marrant, il est sorti le 6 Octobre 1997.


(je suis nulle en maths, mais c'est le jour de mon anniversaire.)





C'est canon, hin ? :) 


Je n'ai toujours pas écouté le dernier album des Boards, ça me parait fou. Je ne sais pas trop ce que j'attends. 




dimanche 11 septembre 2016

la complainte de l'astre tiède






Il n’y a pas si longtemps tu sais, je me promenais à deux sous les étoiles, mes doigts encerclant sa main pétrie de douceur, si fine qu’un souffle stellaire pouvait la fendiller. Pourtant, jamais elle me lâchait.

Je me moquais de tout,surtout des choses sérieuses.

J’avançais en riant, persuadée que ce bon vieux Chronos, étendu à nos pieds, gloussant des farandoles de paroles flinguées, nous encourageait à piétiner, nous offrant ainsi l’Infini Désastre sur un plateau d’argent.

à force de la mordre, la poussière à fini par saigner

Sa peau teintée à laquelle je tenais tellement commençait à peler. d’abord par petites plaques éparses, y’avait pas de quoi s’alarmer.

Jusqu’à ce strident cri de volatile ressuscité qui m’a tirée de ma torpeur.

Grelottant d’effroi, j’ai découvert un amas de chairs fumantes à mes côtés, sur le matelas complice de tous nos jeux, des bulles noires claquaient en suintant. 

J’ai tendu l’oreille, tout près du coeur noirci, un doigt sur la touche de son âme fatiguée. Guidée par les regrets amers d’une horloge d’un autre Temps, je me mis à composer une étrange mélodie, que seuls les morts pouvaient entendre.

Je ne crois plus à l’Amour, puisque je l’ai tué.

le pauvre n’avait pas de visage, et pour seule arme, il brandissait maladroitement la ruine d’une Cathédrale au creux d’une de ses paumes.
Le combat, inégal, fut rapidement plié.

Je lui enfonçais dans le coeur – n’est-ce pas là ironique?- la pointe d’un vieux clocher.

Sous ma molle narine, un minuscule moucheron vient de s’écraser. D’un élan destructeur, je l’aspire ——- jamais plus il ne volera.

C’est ici qu je m’arrête, à la manière d’un trappeur épuisé. lorsque les force nous manquent et qu’on ne sait plus comment pleurer, la Nature se réveille et vient nous enivrer.

Assise sur un croûton de bois, les mains rafraîchies par un ruisseau lunaire, pressée de rêver aux étoiles, je songe à nous.

Et ton visage parfait, dessiné dans le beurre par un écureuil doué, me saisit et me hante, comme une morsure indélébile de quelques animaux maléfiques et dangereux, du genre de ceux que l’on se plaît à pourchasser.


dimanche 31 juillet 2016

sans nom

Ses doigts, rongés par l'urticaire, l'empêchent d'écrire aussi fluidement qu'à l'ordinaire . ça le fout en rogne, il ne cesse de cracher au sol en maugréant d'intelligibles jurons.
Derrière lui, un pigeon mort se décompose silencieusement . L'oiseau gît aux pieds de la grosse commode sombre, couverte d'un océan de livres jetés au hasard, cela fait des semaines qu'il n'y prête plus attention. 
L'envie d'en finir avec son texte obnubile ses pensées, contrôle ses gestes. La frustration grogne au fond de ses entrailles, remuant tripes et boyaux. Tournant lentement la tête vers la fenêtre, son regard croise l'horloge clouée au mur. Depuis combien de temps n'a-t-il pas mangé? 
Ses dents commencent à pourrir d'ennui, ses poils se teintent d'un gris dégueulasse, un gris déprimant et malodorant. 

à l'intérieur de son crâne un millier de pensées se fracassent contre l'os fatigué, commencent à ronger leur prison
de ses narines ruissellent quelques gouttes verdâtres qui viennent s'écraser sans bruit sur le dessus de ses mains, deux montagnes molles posées à plat sur le bureau. Le liquide visqueux recouvre la page blanche, il se met à rigoler 

ce n'est pas un son qui s'échappe de sa gorge mais une fumée noire aux relents de métal, ses yeux s'écarquillent sous le coup de la surprise, ses doigts couverts de plaies tentent vainement d'agripper son cou, sa peau se tend et se couvre de zébrures pourpres, puis commence à peler. 
il sent ses cheveux s'embraser et disparaître, sa vue se brouille , un liquide chaud dégouline de ses oreilles ratatinées, voilà, songe-t-il, la mort me prend trop tôt, je....

 

mardi 24 mai 2016

Une nuit de plus

 

Elle a choisi de rester genoux à terre, la langue humide collée à la barrière de métal brulant,
les beats liquides du morceau de Carsten Jost s'emparent de son âme triste, lentement, à la manière d'un ver avalant du terreau, les jours de pluie.

Debout devant un quartier de lune malade, un jeune garçon la scrute avec curiosité. Sur son épaule, tout contre son cou, un gros corbeau s'impatiente. Il a faim de chair fraiche, ses griffes se plantent profondément dans la peau du mioche qui s'avance, grimaçant de douleur. Un pied devant l'autre, de plus en plus proche de la jeune fille qui continue de lécher la barrière, sans prêter attention aux deux silhouettes qui ne sont plus qu'à quelques mètres d'elle et dont le pouls augmente sensiblement,. L’appréhension de faire fuir leur proie les gagne. Le garçon sue du front, la racine de ses cheveux se trempe et ses lèvres se dessèchent, quant au corbeau son bec commence à peler comme un vieux fromage des montagnes. Le gosse ouvre grand sa bouche, l'animal prend exemple sur lui et fend sa face de piaf en son milieu, les voilà prêts à gober l'innocente illusion, qui disparait, sans un bruit.



mardi 15 mars 2016

tromper l'ennui

J'ai barbouillé le crâne d'un gosse de larmes, à force de m'ennuyer
écartant les doigts je puis voir, le mince filet blanchâtre lâché par ces heures à jamais disparues
au loin, des pigeons se foutent de ma gueulent en battant des ailes
contre leurs corps gras les plumes sonnent comme un glas

y'a-t-il vraiment plus rien à faire? 

De la pointe du pied j'écarte le cadavre pourri d'une guitare abandonnée
ses cordes cassantes frissonnent et gémissent, j'en ai la chair de poule. 

Un banc me fait de l'oeil, de l'autre côté de la cour. 
je m'y assieds, la gorge brûlante

--craaaac-- 

sous mon postérieur, une boite de cd , flanquée uniquement de cette inscription : 

PLAY ME!!

je l'ouvre, insère le disque brillant dans mon lecteur et tout change. 




Peach Kelli Pop débarque dans mes oreilles tel un Ouragan de dragibus célestes et craquants comme le sable, je trésaille. En maints endroits, ma peau commence à fondre. J'relève la tête, y'a pourtant pas de soleil!

m'en fous d'avoir l'air bête, je gigote à présent debout, sans retenue aucune

mes semelles piétinent les fientes des pigeons, les mômes ont pris peur et se planquent sur les branches des vieux arbres endormis, deux-trois pervenches convulsent au son des grattes enjouées, je suis enfin bien, ma toux s'est envolée. 





lundi 15 février 2016

tel un souvenir


Dans la chaleur d'une nuit aux crocs argentés


trois ombres rieuses s'installent au volant d'une voiture chourave à l'arrachée;

entre deux bouffées tièdes et d'infimes rasades , les voilà qui se trémoussent dans l'oeil avisé des feus de croisement. Sous les corps, le bitume avale goulûment les vibrations de leurs baskets contre ses lèvres.

La lune se repaît des soucis qui les empoisonnent à l'aide d'une longue paille invisible, plantée dans leurs crânes et qui monte jusqu'aux étoiles, vexées de ne pouvoir les rejoindre. 

Malaxé comme un morceau mouillé de chewing gum entre les dents d'un môme impatient , le temps s'ébroue au nez de kicks menaçants et brutaux, les mêmes qui font voltiger mèches et cheveux dans tous les sens . 

leurs pupilles brûlent d'une rage phénoménale au goût de cendre, petits morceaux volages qui, n'ayant plus rien à perdre, s'éparpillent au-delà des lignes tendres, à l'horizon, tracée par les relents d'un amour à jamais suranné.


mardi 15 décembre 2015

s'il n'en restait qu'une

t'as beau essayer de leur faire comprendre, ils continuent de se bouffer la queue en bavant.

leur ombre lentement grignote le peu de conscience qui leur reste, 
feinte de trou noir, 
synthé paumé sous une chaussure à fentes, 
personne ne viendra presser tes joues ! tu peux toujours courir en cercle et calculer les angles, que les corbeaux bouffent tes cahiers, l'encre qui bouillonne sous ta peau n'a plus de couleur depuis des lustres , il est temps d'abdiquer. en musique, c'est un peu moins vain. 



reprends ta respiration sur l'eau gelée, accroche ton manteau de peau aux arbres de ma conscience et bois ce doucereux breuvage au goût de trouille, je viens de le touiller.

lundi 23 novembre 2015

D.I.E





La silhouette ronde et malhabile d'une vieille dame se dessine à l'angle de la grand'rue. 
Tirée par son chien surexcité, elle a du mal à préparer sa pipe : le cabot se cabre et aboie à en réveiller les morts, provoquant de fortes secousses qui tortillent la laisse, contraignant la vieille à éparpiller son tabac un peu partout, poussière de feu sur le trottoir, la voilà qui lâche une flopée de jurons acerbes, qui lui piquent la gorge au passage. 


Son clébard tire derechef, s'entaillant le cou à maints endroits. Ses coupures suintent sous le crépitement des lampadaires, armée bien sage de soldats aux longues jambes de métal, dont la patience, illimitée, éclaire les paumés du fond de la nuit, tu sais, ceux qui titubent après le verre de trop. 

Et toi tu regardes la scène non sans indifférence, lovée dans les bras de ton militaire bien avisé, "gaaaAAAaaaard'avous, troufions hystériques, ce soir, on passe à l'attaque" beugle un ancestral pirate à la jambe de bois; tu scrutes d'un oeil gavé d'MDMA ses vieux doigts craquer lorsqu'il serre son verre d'alcool, il se met ensuite à postillonner son whisky à la ronde, aspergeant aussi bien les déguenillés que les gens chics, qu'ils ont l'air cons, avec leurs alliances et leurs voyages, mais je vais te dire, petite , où que tu ailles, quoique tu fasses, t'auras toujours un truc coincé dans la tête, une petite image qui se floutera de plus en plus, ouais, mais une petite image quand même, appelle-ça gravure si tu veux, mais ton cerveau en est marqué jusqu'à la fin des Temps, et si t'avais ouvert ta gueule plus tôt, si tu t'étais bougée, on serait pas en train de se perdre dans ce trou noir cheloud qu'est devenu le présent, ce sale vaurien qui m'empêche trop souvent de sourire, heureusement qu'Elle est là, façonnée d'huile parfumée et de lave refroidie goût Macadamia Nut Brittle , étoile blanchie de caresses, vibrante d'espoir et délicieuse, qui n'a pas hésité une seule seconde avant de se jeter dans ce Vortex enragé qui boulotte  tout sur son passage ou presque, il reste bien quelques notes au creux de nos entrailles, oui mais , pour combien de temps? 


J'ai d'impériaux désirs qui demandent à être satisfaits de suite, hors de question d'attendre un siècle ou deux, qui sait par qui ou quoi nous serons écrasés demain, nos corps continuent tranquillement leur glissade silencieuse vers le Néant, sans remous, si bien qu'on serait tenté de se croire Immortel(le)(s) TU PARLES! On a tous une laisse qui nous brisera les os un jour, mourir d'Amour ou transpercés de balles quelle importance? Ce dont mes particules radioactives se souviendront, lorsqu'elles tintinnabuleront dans le Cosmos, ce sera de l'odeur de sa peau assouplie de sommeil dont je m'enivre à perdre haleine, et tant pis pour ceux et celles qui rêvent de m'oublier,

c'est les mains dans les poches, 
l'esprit libéré 
sous l'haleine des Comètes en approche
que je fredonnerai leurs secrets



samedi 31 octobre 2015

Une nuit


De la pointe du couteau, l'homme arrache un bout de croûte
Quand on l'a trainé dans ce trou, c'était le crépuscule.
Or, depuis l'aube, il n'a rien avalé.
Son estomac grogne de mécontentement, ça lui donne un drôle d'air.
Le gardien exhale une trainée de fumée mauve, se gratte le menton.

à travers les barreaux, la lune attire son regard.
Elle semble si proche, si proche qu'en tirant la langue,
on pourrait la lécher.

Verdatre, elle se meurt. Son haleine sidérale empoisonne l'atmosphère,
jamais la Terre n'a semblé si vulnérable.
Il suffirait d'un mot, un seul, pour qu'elle finisse écrabouillée.





éclatée par son astre le plus fidèle , celui qui la suit depuis la nuit des Temps



mercredi 30 septembre 2015

Oneohtrix Point Never - I Bite Through It


Du haut d'une montagne d'instruments désaccordés, un loup gueule à la Mort. 
Sa plainte est de métal, ses souffrances, bien réelles, lui perforent les poumons.

Une armée de chênes désabusés absorbe l'écho du corps qui se tend et se recroqueville parmi les cadavres aux dents creuses, obsédant bordel. 

D'une vie sur le point de chavirer, il faut prendre appui - 

Que restera-t-il de nos souvenirs après que la dernière note se soit évanouie entre les étoiles? 
Les astres se mettront-ils à chialer? Probablement pas. Nous ne sommes que des bâtons de poussière, irrigués par quelques litres d'un nectar volatile, incapables de nous sauver . 

Le Néant, juché sur son trône en cristal, ne nous quitte pas des yeux. On a beau lever les bras, frapper le sol de nos jambes décharnées pour tenter d'accrocher le rythme, toute résistance est inutile. Les soirées mémorables ont toutes une fin. 
Tragique et décalée, d'ailleurs. 
Ne sont-ils pas idiots, ces troupeaux de fêtards, à trainer leur carcasse puante sur les parkings, aux premiers soupirs de l'Aube, l'organisme en manque de came, leurs yeux vitreux d'avoir trop dansé, vibrant sans cesse, à la recherche d'une ultime dragée interdite? 

Que reste-t-il de ces deux êtres, qui toute la nuit, se sont enlacés? 

Un synthé solitaire balaye leur romance en une portée, y'a plus qu'à rentrer seul, le visage sale, l'esprit embrouillé, ou ne pas rentrer du tout, et se coucher en chien de fusil, tel un bâtard aux longues oreilles tristes, tout contre le bitume. 

à quoi bon persister? 

S'attacher à un corps transi, pour la délicatesse de ses courbes et son odeur... tu l'aimeras toujours, dans 120 piges, quand il ne sera que lambeaux dégueulasses, abandonné sous terre, habité par les vers? 
Le poids du Temps se fait trop lourd, la balance est fêlée. D'une craquelure plus profonde qu'une autre se hisse maladroitement une bribe de voix parasitée, son chant sème la Terreur parmi les goules au teint crayeux. Elles s'éparpillent en glapissant, l'échine déchirée à grands coups de désespoir, les yeux révulsés par un passé maudit. 
La plus grande d'entre elles passe un doigt décharné sous sa paupière, afin d'en recueillir une goutte vermeille. 
Ses pieds cessent de s'agiter. 
Elle stoppe sa course sans fin au pied d'un char couvert de mousse. 

Éreintée, elle se laisse tomber à terre, bruit sec d'os pourris qui se brisent, un nuage verdâtre encadre sa carcasse, quelques mouches vrombissantes, excédées par tant d'audace, décollent de leurs perchoirs. 

Le morceau touche à sa fin, la goule le sait. Ce qu'il reste de ses yeux, brille d'un éclat nouveau. Verts sont ses iris, autrefois complimentés, deux trous sans fond, qui roulent en gémissant. 

L'album d'Oneohtrix Point Never sort en novembre : l'espoir s'est bel et bien noyé dans un souvenir, rongé par le froid. Avec ce premier morceau, il signe la fin d'un Monde qui fait écho à la perte de l'être cher que l'on ne pourra plus jamais prendre dans ses bras. 

Alors, dis-moi, prophète des Temps Perdus, comment je fais, à présent?  


                          XIII - XI - MMXV

mardi 11 août 2015

éphémère

 
D'une bouche entr'ouverte s'échappe une libellule
les ailes palpitantes remuent les sons ambiants de cette chaude journée d'été.

Sous la joue d'un nuage solitaire
l'insecte stagne quelques instants.


La nuit tarde à se montrer
la libellule se pose dans une chevelure mordorée,
cette dernière ondule, bercée par l'inlassable paresse propre aux astres noctambules
colle à la peau


Le souffle court, perdu au fond d'un puits,
la ptite bestiole se noie en silence
à l'écart de la masse
éclairée par son âme  



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Aphex Twin - Flim

Oh purée, ce son a 29 ans ?  au moins.  C'est marrant, il est sorti le 6 Octobre 1997. (je suis nulle en maths, mais c'est le jour...