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mardi 18 juillet 2017

Nervous Young Man

J’ai fait un rêve étrange, le dos calé dans un fauteuil rouge sang, arraché à la dernière rangée d’un cinéma miteux, cloué au beau milieu d’une clairière. L’herbe tendre qui encerclait mes pieds avait un goût de cendre, quelques fourmis jouaient entre mes orteils. Âpres sont les secondes qui lentement s’égrainent au cours d’un songe, mes canines ont rongé le temps. Je me retrouve sous le corps blanc d’un jeune poète, ses boucles rendues translucides par les rayons de Lune tombent sur mes joues et les chatouillent. On s’embrasse en rigolant, au son d’une corde grattée, ses lèvres sucrées découvrent mon cou, je me tortille sous ses caresses, un battement de coeur plus tard, il s’évapore. J’écarquille les yeux, deux points brillants sur une face blême, je continue seule à m’explorer. Dieu que cet album est BON! Ses titres, décomplexés, étirent leur insolence de longues minutes durant, et pas une fois l’ennui n’ose ramener sa fraise. J’ai plongé tête la première dans un court d’eau glacé, le dos couvert d’écailles. Des bestioles aquatiques m’ont encerclée en un concerto de bulles démentes, j’ai sorti mes baguettes et tapé de toutes mes forces sur quelques coquillages sous marins. Des petits bouts d émail giclaient dans tous les sens, torpille cinglante et boule d’algue dingue, les hippocampes en perdent la vue. Rêve démentiel sans queue ni fin, je me retrouve sous une couette chaude, dans les plus doux bras du monde, aux bouts desquels un grand sourire, mordu aux lèvres en maints endroits..


They Fall But You Don't

Les trous de sa peau, comblés d’une tendresse pâle, me font frémir.
lie-moi à la tendresse d’une voûte!
J’enfonce mon museau triste au creux de son cou, la tiédeur de sa peau comme boussole, enfin, je me reconnais.
j’attache mes mains à la barbe bleue du temps nouveau,
il n’est rien de plus vain que les souvenirs.
sous les tendres gémissements d’une nymphe folle, j’organiserai ma chute..
Ils sont témoins, là-haut, de nos moindres caresses, ton corps accuse le coup et en redemande, qui suis-je, pour toi, lorsque nous sommes loin?
Désirs farouches de liberté qui ne laisse pas de place à la mollesse du coeur.
j’y comprends rien, moi qui croyait qu’on périrait ensemble, nos âmes soudées à n’en devenir qu’une,
lumineuse et démentielle, à la hauteur de nos attentes.
éloignez-vous de nous, putain, mon trône brûle de colère
Vous n’êtes qu’orgueil et détresse, à en salir les morts, à la manière d’un charognard vous picorez les yeux malins, sans jamais être rassasié.
milles troubles agitent mes rêves, mille péchés secouent ta chair,
sublime magie aux douces mains gantées, que cache tu sous ta blanche tunique?
Contre ta lèvre ennemie je presse un bâtonnet de sucre
au contact de cette valse lente et généreuse les chairs ploient petit à petit,
une liqueur amère trempe ta belle échine.
Au bout de la chaîne en toc un petit oiseau mou balance son bec dans tous les sens
Non, l’amour ne triomphe pas ce soir.


 
J’ai du mal à saisir, ce qu’apporte cet album. Mes mains se heurtent à une paroi gelée façonnée par l’ennui, que rien ne trouble. Je me dis que la tristesse du compositeur ne gagne pas, à être exposée ainsi, dans cette forme là. A la manière d’un animal trop brusque élevé en marge de la portée câline, le temps cabre son échine d’indécision puis finit par se mordre la queue, les crocs gonflés de haine.
La lune dépose son étroite écharpe d’argent sur la forêt et la faune qui s’endort. Au loin, les murmures de la ville troublent la quiétude des ombres endormies, parasitant leurs songes, remuant leur conscience. Du haut de son perchoir boisé, un vieux hibou se délecte des restes d’un rongeur, chassé quelques minutes plus tôt.  Le poil parsemé de taches vermeilles luit sous l’éclairage velouté de l’Astre triste. Son repas terminé, l’oiseau tend dignement ses ailes, le regard fixé au loin, l’esprit perdu au delà des cimes, et, sans un bruit, s’enfonce dans les Ténèbres irréelles du temps meurtri.

dimanche 19 février 2017

L'Oublie

À l’autre bout du monde, là où les ombres n’ont pas de coeur, un jeune prophète se bourre la gueule sans sourciller. Le goulot froid, entre ses lèvres tristes, teinte l’aurore de ses harmonies ivres. La tête du garçon frappe ses épaules avec une régularité déconcertante de métronome sérieux, gauche-droite-gauche-droite__________ la ligne est fatiguée.
Sous ses yeux d’ébène, une femme à la peau morte s’endort, le nez sur son violon. Pour qui joue-t-elle, depuis des mois, si ce n’est pour un souvenir? Elle s’est usé les os, à force d’espérer; son horrible dos se courbe plus bas que terre au rythme des âmes transies d’effroi qui s’amoncellent, en tas de boue crasseux, au pied du lit inoccupé. La solitude comme point de repère, une cigarette invisible derrière l’oreille, le jeune garçon défie la mort droit dans les yeux — c’est ton odeur, oui! Ton odeur qui m’a rappelé à toi, ô toi, frêle navire aux cales vermoulues. Le vent s’engouffre entre tes cuisses, ma langue s’assèche et mes oreilles multiplient le fracas des battements de ton coeur– mensonge! Ta tendre poitrine est vide, creuse comme une vieille souche fatiguée. Les couleurs ont toutes été oubliées et je regrette, oh oui, je regrette, de ne pas les avoir enlacées.
à l’époque où mes bras pouvaient s’élever , j’aurais fendu ton âme et embrassé tes plaies, lécher tes joues acides et prié le Soleil de ne pas trop douiller. Assommante errance d’un astre triste, recroquevillé entre les mauvaises mains, le buste écartelé aux pointes de la plus belle étoile, le garçon meurt à petit feu.                                              

Je t’aime, sublime chimère, même quand je ne suis plus.


mardi 31 janvier 2017

Je rêve de chattes silencieuses aux contours humides

Sournoisement assaillie par les ronflements sonores d'un animal au poil doux, je dégage ma couette Mickey Mouse d'un coup de pied sec. J'ai gardé mes lunettes de sommeil et les barres de plastique s'incrustent à coups de reins vicieux dans ma peau. À vif, la molle croûte se fêle en dégueulant une mouille opaque et huileuse, mes doigts en sont tartinés. Frustrée de ne pas trouver Morphée, les cuisses écartées, je secoue mon hochet à la ronde, priant les Créatures nocturnes de m'arracher un ou deux cris. Rafales de cordes tendues et délire douteux de gorge repue, j'esquive les 2-3 morceaux merdiques de l'album et prends mon pied sur les autres. Je mords à pleine dent le coussin imbibé de bave sèche couvert de cheveux longs - commence à le lécher en clignant des yeux. L apocalypse, maman, va te péter à la gueule et recouvrir ton être en étirant ses lèvres afin d engloutir ton corps, ton âme et tes souvenirs. Fondue au trottoir élimé, ton ombre mord les bouts de gomme mélangés au granit. Poussière et désir à sniffer de concert, sur la croupe d'une instru libérée, j'ai les pupilles qui crépitent dans le noir tel de timides corolles tuées à petit feu par les flashs acides de l'ambulance qui me transporte vers Agartha. J'ai des envies oblongues d'écorcher tes vices du bout de mes ongles rongés, ne commence pas à chialer.. J't'ai fait les poches en te léchant le cou, j'avale doucement des petits bouts de toi, ça ne me tire pas d'affaire, j'envisage de plonger tête la première dans ton coeur affolé. Une batterie cogne dur sur tes ventricules, étrangement ça me soulage un peu de te voir souffrir, je ne réclame pas ta mort mais je dirais pas non à une nuit entière à te piétiner les orteils en chantant. Le bal des cocus joue ses dernières notes ; collé au mur du fond, un radiateur ancien fait craquer ses tuyaux en mesure. Un immense polichinel de bois et de mousse se prend les pieds dans ta robe aux reflets de lave, bascule tête la première contre le carrelage, gelé depuis des siècles et des siècles, miaou. Ses propres canines de miel fossilisé pénètrent sa tendre langue, sans bruit. Un flot tiède d'hémoglobine s'échappe des trous en bouillonnant. Aux coins de ses lèvres usées par le temps des Amours Charnels se dessine une lune poupre, d'abord minuscule puis de taille démente. Lune rousse aux seins juteux, mord tout sur son passage. 

Je m'engloutis



jeudi 10 novembre 2016

Ellipses

Nil Hartman - Ellipses (2016) 



Rongée par les remords, l'ombre discrète joue des coudes et tente de se mouvoir au milieu d'une foule vorace, s'étendant à perte de vue. Affaiblie par une dépendance flagrante à l'autre, au souvenir tendre de ses caresses ainsi qu'aux réminiscence d'un Temps Immémorial, toujours, gonflée d'espérance, elle peine à avancer.

Pourtant, 32 annonce un changement purgatif :

Au contact de ces êtres, l'ombre s'ouvre doucement, à la manière d'une fleur tardive, se nourrissant des éclats de voix que l'air réchauffe à gros bouillon. Voici que le rouge lui monte aux joues, cela faisait bien longtemps. Et c'est de face, en pleine lumière, qu'elle se montre à présent.

Au hasard des soubresauts sucrés de ces pantins de sueur, désarticulés, l'orgue triste s'agenouille puis se relève, chaque fois qu'il croit apercevoir celle pour qui tout est destiné.


Les notes tombent sur sa chair en multitude d'Émois craintifs, combien ces rides ont-elles acceptées de larmes?

Discrètement ,Nil Hartman réussit l'exploit de capturer l'instant, sans l'amocher, ( ) en est la preuve concrète. Et j'attendais, oh, j'attendais, un morceau baigné d'Extase et imparable, symbole transi d'une époque à venir...

Yoctomètre
(ouverture de l'année, sans hésitation) déploie son synthé saturnien et nous montre l'Avenir, en souriant. Un ange en perdrait ses ailes de douceur, trouvant d'autres moyens pour regagner son trône.

Et moi, c'est avec des morceaux de cette trempe que je veux grandir. Je suis même prête à pardonner.

Ellipses offre, aux plus moribonds d'entre nous, une rédemption salvatrice , inespérée, perdue dans un recoin de l'Univers, noyée dans le volcan de l'amour fruste. Sans titre 6 n'a pas besoin de nom puisqu'elle est toutes et tous et qu'elle jaillit de l'ombre en un soubresaut gigantesque, laissant derrière elle des gouttes chaudes d'une lave magnétique irisée.


Merci



jeudi 13 octobre 2016

Childhood Mélodie

Il m'a suffi d'une seule écoute, tout comme des fois il nous suffit d'un unique regard, pour tomber amoureuse. D'une douceur inégalable de main de femme, guidé par l'espérance enfantine et bornée d'instruments en symbiose, Wingtip se vit comme un souvenir moelleux, de la trempe de ceux qui vous poussent à continuer, malgré la lâcheté ambiante. Même les cuivres se coulent dans l'atmosphère comme on se coule dans un vieux pyjama usé, fleurant bon l'amour maternel. La pochette, d'une électrique contemplation promet le plus fou des voyages, aux confins des rêves, à la limite de l'extase.




au diable la raison! 


L'innocence récupère son royaume et pousse de ses petites mains habiles son Roi sur un trône forgé de coussins, recouvrant le monarque d'une couverture laineuse et, genou à terre, le nez vers le sol, elle sourit.
Sous ses paupières closes pulsent une myriade de beats élastiques et de sous son corsage s'élèvent quelques fragments de voix séraphiques et blancs, tout étonnés de voir qu'il y a encore de la vie alentours. Les corps malades, dont les entrailles broyées par l'ignorance des Autres grésillent d'effroi, se tendent doucement vers la Lumière, en quête d'un repos bien mérité.
J'exagère à peine en disant que cet album est touché par la Grâce. J'y ai senti l'Amour , mais pas le bâtard que j'ai trop longtemps porté, celui qui broie et qui déçoit. Là il s'agit d'Amour sans contrainte, de Liberté. 



Et même si je dors seule ce soir, en écoutant Wingtip avant de m'évader, je ne crains plus les Ténèbres qui m'ont, les derniers temps, bouffée, car mes sens seront tournés vers des horizons moins mornes et peut être qu'enfin, demain, au réveil, je t'aurai oubliée. 



jeudi 9 juin 2016

paisible traum


Je les imagine clairement, les deux poètes amis, marcher sur le chemin en terre, la nuque écrasée par le soleil, mâchouillant quelque brin d'herbe frais. 

Côte à côte dans les fleurs délicates, ils sortent d'une poche trouée un calepin fatigué. Malgré le silence de la campagne, ils se comprennent et composent en riant. 

Leurs Muses sautillent entre les nuages, enroulant leurs cheveux autour des ailes des oiseaux; brusqués, ces derniers fendent les airs en sifflant une curieuse mélodie. 


La biche a redressé ses oreilles : le vent se lève, accompagné d'une cavalcade violoneuse aux relents d'Orage qui effraye la campagne. 


Assoupis au pied d'un arbre, la bouche ouverte, Keats et Hölderlin rêvent à l'acide Amour qui, sur la pointe de ses sabots, parcourt monts et montagnes en susurrant d'innombrables prières que rien n'abime. 


jeudi 19 mai 2016

Dawn Richard - Infrared

La Reine est de retour ...



Jamais ne quitte mes pensées


Le museau du petit singe me rappelle ses mains fripées, écrasées de soleil, qu'elle aimait tendre devant les regards - des mains d'enfant sorti trop tôt. 

Dawn Richard laisse échapper un "I'm not over you" à bout de souffle, fragile mais prégnant, secondé par un peloton de tambours énervés. Honest, donc, qui ouvre l'EP, fait le boulot, à la manière d'une Call Girl rodée qui remue ses hanches machinalement, sans trop se crever.

How I Get It, par contre, se taille une place de choix dans mon top perso de la chanteuse. l'instru rend ouf, ça pue la UK Bass des grands jours à plein nez, ce morceau sonne comme un arrêt cardiaque aux pieds de la fille qu'on aime, je suis à deux doigts de rendre les armes et de m'allonger le nez dans les fougères, afin de me laisser lentement grignoter par les insectes nés de regrets...

Paint It Blue me fait l'effet d'une danse sensuelle aux limites du réel, la pochette de l'album est un cliché par un ange hypnotisé lors de son show, petit veinard aux ailes coupées, quand prieras-tu?

L'EP se clos sur Baptize et ses tremblements vocaux, proches du divin. Elle me restera moins en tête que les deux précédentes, mais qu'importe.

Les marques sont là, ancrées dans mes chairs molles, je laisse une dernière fois courir mon regard sur ses mains, ses mains toutes lisses d'avoir caressé la Nuit, je me couche à côté de sa silhouette pétrie de rêves charnels.



mardi 3 mai 2016

Jedi Mind Tricks



Un corbeau gras et lourd trainait son imposante carcasse dans la cour du collège, lâchant, avec une régularité d'horloge bien réglée, des croassements graveleux, roulés dans le goudron de son estomac et propulsés hors de sa cage thoracique par un souffle puissant de bête contrariée ; de son bec, s'échappaient des volutes d'une épaisse fumée grisâtre, relents d'Enfer au goût de cendre, restes accablés du Temps jadis.

Sur l'épaule du MC de Jedi Mind Tricks, ce corbeau full of haine donnerait cher pour s'y poser, c'est évident. Tous deux cracheraient bile et glaviots sur l'auditeur hébété, tordu de douleur, roulé en boule sur le goudron piquant. L'album mitraille à tour de track, parcouru de tout son long par une traînée de verve baveuse et acharnée, comme quand l'oiseau se pose aux côtés d'une carcasse et déchiquette la viande pourrie à grands coups de bec aiguisé.

Repus de nos âmes molles, l'homme et la bête s'éloignent en ricanant,  prenant soin, sous leurs pattes folles, d'écraser les os des cadavres suintants .

vendredi 29 avril 2016

L'homme et son chien

Il a la gueule en vrac, la barbe mal rasée.
Inhale un peu de crack, hélas pour ses poumons cramés.


Adossé à la vitrine d'un petit supermarché, C. se grille une cigarette en caressant doucement son chien, tranquille et doux, roulé en boule à ses pieds. À leurs côtés, un bol en plastique où se battent quelques pièces jetées par des clients, au cours de la matinée. Maigre butin pour tout œil repu, ça leur suffit quand même. L'homme penche légèrement sa silhouette vers l'avant afin de saisir une bouteille. Il presse le goulot contre ses lèvres sèches, taillées par le Temps, et savoure la tiède caresse du liquide ambré dans son œsophage. Sa peau à beau être rougie par l'alcool et les excès, boursouflée en maints endroits, son regard bleu est vif, d'acier. Il observe les passants, qu'il trouve peu intéressants. Lâche un rot discret, tope la patte à un vieux pote, partage un peu d'herbe avec lui, en rigolant. Les minutes s'égrainent au rythme des grésillements de sa petite radio, dont l'antenne rafistolée s'agite tant bien que mal afin de capter les ondes d'une station rock. C. soupire en repensant à quelques souvenirs imbibés qui cabriolent dans sa mémoire. Soudain, le monde réel revient à ses yeux, son regard s'illumine. La démarche reconnaissable d'une jeune fille rencontrée quelques semaines plus tôt le fait sourire. Ils se saluent , il la taquine, elle lui raconte quelques péripéties puis s'engouffre dans le supermarché.
Le chien dresse une oreille, relève son museau. Sur le trottoir d'en face, trottine une belle Shetland au poil brillant, tenu en laisse par une grande dame coiffée d'un chapeau à plumes. Le toutou de C. aboie en agitant sa queue.
"Doucement mon grand, murmure C. , oui, c'est une belle femelle, mais reste là"
C. n'attache jamais son animal, et ce dernier a appris à contenir ses élans. Il continue de scruter la Shetland en jappant joyeusement. Cette dernière, dignement, tourne légèrement la tête et croise le regard pétillant du Don Juan. Puis, femme et femelle tournent au coin de la rue, laissant une trainée de parfum invincible derrière elles.
La jeune ressort du magasin, les bras chargés de surprises. Quelques boites de pâté pour le toutou, des canettes de bière fraiche pour elle et C., un reste de monnaie pour le bol en plastique.
C. déblatère ses histoires à une vitesse maladive, se répète souvent, mais la fille l'écoute attentivement, ne manquant jamais de participer.
D'autres connaissances de C. se joignent à la fête, vieux gaillards à la peau malaxée par les épreuves, toujours une anecdote au coin des lèvres. Les roulées passent de main en main, l'après-midi s'écoule gaiement, arrosée d'alcools divers la voilà qui s'étire, à la manière d'un chat fondant, les gros éclats de rire s'élèvent dans l'atmosphère et s'éparpillent au gré du vent, aux quatre coins de la ville....




C'était il y a peu, que je m'arrêtais souvent, devant ce supermarché. À l'écoute de l'album, j'ai repensé à C. et à son chien, inséparables trublions de la normalité avec qui il était impossible de s'ennuyer. La track 10 et son synthé mélancolique ferait frémir C., lui qui ne jure que par les guitares électriques baignées de stupre et de sueur. Mais qu'importe, la musique est imprévisible, ne se gênant pas pour activer des émotions dont on ne sera jamais maître. 


mardi 15 mars 2016

tromper l'ennui

J'ai barbouillé le crâne d'un gosse de larmes, à force de m'ennuyer
écartant les doigts je puis voir, le mince filet blanchâtre lâché par ces heures à jamais disparues
au loin, des pigeons se foutent de ma gueulent en battant des ailes
contre leurs corps gras les plumes sonnent comme un glas

y'a-t-il vraiment plus rien à faire? 

De la pointe du pied j'écarte le cadavre pourri d'une guitare abandonnée
ses cordes cassantes frissonnent et gémissent, j'en ai la chair de poule. 

Un banc me fait de l'oeil, de l'autre côté de la cour. 
je m'y assieds, la gorge brûlante

--craaaac-- 

sous mon postérieur, une boite de cd , flanquée uniquement de cette inscription : 

PLAY ME!!

je l'ouvre, insère le disque brillant dans mon lecteur et tout change. 




Peach Kelli Pop débarque dans mes oreilles tel un Ouragan de dragibus célestes et craquants comme le sable, je trésaille. En maints endroits, ma peau commence à fondre. J'relève la tête, y'a pourtant pas de soleil!

m'en fous d'avoir l'air bête, je gigote à présent debout, sans retenue aucune

mes semelles piétinent les fientes des pigeons, les mômes ont pris peur et se planquent sur les branches des vieux arbres endormis, deux-trois pervenches convulsent au son des grattes enjouées, je suis enfin bien, ma toux s'est envolée. 





jeudi 10 mars 2016

HEXN - al-khïmiyya



C’était une maison triste et suintante, aux lourds volets ridés, qui se dressait maladroitement au centre d’une mare de boue, servant de terrain de jeu à une armée de porcelets braillards. Tous avaient deux gouffres béants à la place des yeux, deux gouffres chauds et mouillés dont gouttaient des larmes vermeilles parsemées de croûtes qui s’effaçaient dans le sol en quelques crépitements sordides. Le plus jeune d’entre eux, celui qui n’avait pas de queue, somnolait entre les pattes du cadavre de sa mère, allègrement rongé par les asticots. Petit pourceau rumine, le groin couvert 
de moisissures, entrecoupant ses élucubrations de rots sanguinolents.
À quelques mètres de lui, un puis creusé à même le sol recrache des volutes d’une fumée acide et grise , relents mortels puisés au plus profond des Enfers, et qui écorchent les parois à chaque passage. Tout au fond, un alchimiste à la peau trouée par la lèpre s’active au dessus d’un grimoire. Sa main droite malaxe une racine brunâtre, la gauche tourne lentement les pages du livre. Moisies depuis des lustres, ces dernières sont fragiles, il n’est pas rare que des petits bouts orphelins virevoltent dans l’obscurité. Un cierge planté dans un crâne de singe éclaire sporadiquement les lieux, ici, la langueur est éternelle.
En haut, dans la lumière, quelque chose a changé.
Petit cochon chouineur a redressé la tête et écoute : des semelles en caoutchouc font gémir la gadoue, des petits pas d’enfant qui se rapprochent et qui ont tout d’un tendre repas providentiel.
Au son rauque d’un râle de corbeau querelleur apparait le marmot au teint pâle et aux cheveux bouclés. Il s’avance lentement vers la maison aux volets mangés par la fièvre, prenant soin d’éviter de réveiller les porcs, vautrés dans la fange tels des soldats exténués dans les tranchées. L’atmosphère s’épaissit lorsque le plus jeune des pourceaux sent que le mioche s’est arrêté devant le puis. Une mélodie décadente s’élève de l’anneau ténébreux, grinçante et métallique, comme le sang . L’enfant calme sa respiration au maximum et tend l’oreille. Ce qu’il perçoit le paralyse…
HEXN distille ses 6 tracks en maître total de la formule : al-khïmiyya prend l’auditeur aux tripes dès les crépitements carnassiers du premier morceau. Âpre et frontal à la manière d’une bête démente, Never Again Again Again martèle l’espace de ses sabots électroniques, traçant les prémices terreux d’une voie que l’on devine impitoyable, que l’on s’empresse pourtant d’emprunter. Les passages chantés retournent le corps et l’esprit. À qui donc appartient cette voix torturée et plaintive ? Un être solitaire aux cheveux rongés par l’effroi vous répondra brusquement, une armée de notes saccagées à ses trousses. Veut-il être sauvé ? Plus les morceaux se consument, plus les chairs se creusent d’entailles mélodiques profondes. HEXN se joue de nous, piétinant allègrement nos parcelles de confort, étirant les morceaux à sa convenance, forçant ses instruments à vomir tripes et boyaux pour nous offrir le plus ardent des spectacles.
L’enfant, à présent habité par une force qui le dépasse, n’entend pas l’animal qui se rapproche. Lorsque le groin de la bête entre en contact avec les cuisses du gamin, l’alchimiste redresse vivement la tête, le visage fendu d’un sourire cruel. D’un geste lent, il ouvre les bras, prêt à recevoir l’offrande.
En écoute ici --> ici

vendredi 4 mars 2016

Venetian Snares - Traditional Synthesizer Music


Le mec le plus tordu du quartier électronique revient avec son nouveau disque sous le bras. Le titre et l'artwork imposent le respect , plutôt bon signe, me voilà intriguée, je fais claquer le son. Eeeeeh, mais la sobriété lui sied plutôt bien, à mon ennemi préféré, ça sonne comme du AFX décomplexé, je nage en plein régal !
L'ouverture m'a surprise par sa franchise, elle nous propulse directement, sans manières idiotes, dans le cosmos réinventé du compositeur aux cheveux de miel.

Les mélodies peuvent être fières de deux choses : leur omniprésence et leur générosité ; tout au long de l'album, on se surprendra à frissonner un paquet de fois , les oreilles chatouillées par ces bribes de synthé ahuries, Magnificent Stumble et ses bulles synthétiques de génie en sont le parfait exemple. Bordel, le mec tape pile dans ce qui m'émeut le plus, en musique. Des plaintes électroniques rattrapées par des rythmes louches, probablement cinglés, qui n'auront d'autre but que celui de cavaler après l'excès afin de le bouloter en gigotant dans une marre de cymbales mâtinées de poudre clignotante.

Respect!




samedi 26 décembre 2015

Suiyoubi no Campanella - Zipang (ジパング)

merveilleux, ce paysage.

De la lessive au bout du pouce, suçotée par deux lèvres sèches et la pointe d'une langue crevée des repas de fête,

"C'est un beau jour pour mourir" songe-t-elle.

La couette, remontée jusqu'au front, entrave sa respiration. Prévoit-elle d'arrêter totalement cet effort? Ses cheveux longs et gras, éparpillés en serpentins malodorants tout autour de son crâne lui chuchotent de drôles de choses, quant aux pointes , trempées de larmes, elles lui lacèrent le cou et le menton. Sur le coussin d'à côté, git son téléphone. Il lui reste peu de batterie, tant pis, elle le soulève à hauteur de ses yeux et navigue maladroitement sur un site musical, sans conviction.

Mais, au détour d'une immense liste en forme de journal-musical d'un autre utilisateur, son regard est attiré par l'image figée d'une vidéo. Son pouce s'écrase sur le triangle horizontal, le morceau commence, les Ténèbres prennent peur et déguerpissent sans bruit.

La vidéo miracle est celle d' マッチ売りの少女  (la dernière track de l'album)




charme frontal, sans compromis.
Souple et délicate, la chanteuse évolue à la manière d'un ange vaporeux, modifiant l'atmosphère des espaces qu'elle traverse par de simples éclaboussures de voix savamment distillées. En parfaite symbiose, les instrus s'autorisent quelques cabrioles, à l'image du saxophone bondissant qui débarque à 1:10, sous la douche avec elle, l'embouchure mousseuse contre ses omoplates, irrésistible.

Le break hip hop àlamode ne dérange pas la jeune fille. Au contraire, ça lui colle un sourire malicieux au coin des lèvres, d'un geste rapide, elle redescend la couette sur son ventre et commence à se trémousser légèrement.

Et l'album, que vaut-il?

Il est de la même trempe : décalé, soigné, improbable et généreux. À son écoute, elle a l'impression de mordre dans une part de tarte gazeuse et rebondie, qui promptement réchauffe le ventre, un peu comme l'artwork arc-en-ciel imprimé sur la boite du cd. Les morceaux ont du chien et n'hésitent pas à filer des coups de dents alentours, la queue frétillante et les babines humides de plaisir. 








Apaisée, la jeune fille s'est endormie au beau milieu de la deuxième écoute, reconnaissante pour l'éternité de cette découverte qui lui aura redonné espoir.





L'horreur

La sortie d'Hallucinogen Remixes aurait pu me combler d'une joie sans fin. 
Mordue par Rewind depuis des mois, j'avais (malheureusement) trouvé l'EP un peu mou du fion, sans pour autant me désintéresser totalement de la lady au teint bleu. 

Les oreilles décrassées, tournées vers mes enceintes, j'attends, pleine d'espoir. 


Je triche un peu en écoutant direct le premier remix de Rewind , par un certain Mc Bin Laden... 
bordel, c'est quoi cette MERDE??? le type qui gueule, là, il s'est cru où??? Exit la finesse et la langueur, accueillons à bras ouverts la brutalité débile et agressive d'un connard en manque de pétasses de la nuit. On se retrouve propulsé en plein milieu d'une piste de boite de nuit labellisée bolosses,  Kelela se trémousse comme elle peut sous les regards carnassiers de types en rut complètement foncedés, le whisky leur pend aux lèvres, elle se prend une main au cul toutes les 30 secondes, l'espace est bien trop réduit et puant pour qu'elle y évolue avec grâce, dégage!

la suivante est à peine meilleure. Il joue plus sur l'ambiance aquatique de l'instru original, cé biiiiien, mais n'apporte que dalle au morceau. Donc à quoi bon? 

oublions Rewind, d'tfaçon l'original se suffit à lui même, il tangue sur une brèche démentielle, oscillant entre rnb chaud du pantalon et une fragilité féminine poussée à son extrème. 

Que valent les autres remixes? bah c'est pas glorieux. Air Max 97 se contente d'ajouter une poignée de coco jambo (oui, c'est ainsi que j'appelle les sonorités exotiques direct sorties d'une jungle amusée) à All the Way down, c'est pas inécoutable, mais c'est très vain. 

The High devient carrément inécoutable, à croire qu'ils étaient tous sous champis lorsqu'ils ont... aaaah mais voilà. 

brillant concept, merci, Warp. 



 

dimanche 20 décembre 2015

Jean Claude Vannier - L'enfant Assassin Des Mouches

1972

J'ai débarqué sur cette plage un matin d'avril, à poil comme un nourrisson, les fesses blanches de trop souvent dormir sur le dos. Mes traces de pieds me rappelaient, à intervalle régulier - 17 centimètres - à quel point il serait compliqué de rattraper le temps perdu. Alors je me suis dirigé vers l'Océan qui palpite afin d'y rafraîchir mon corps. Je barbotais tranquillement, sans trop m'inquiéter de mon sort, chatouillant les poissons qui nageaient sous moi, du bout des orteils, lorsque j'aperçus des silhouettes qui se dessinaient à l'horizon. De surprise, j'avalais un peu d'eau salée, la recrachais par les narines, ça m'a fait tousser. Je ne savais que faire, mon coeur tambourinait contre mes chairs, ma queue s'était recroquevillée de trouille, un banc de gobies se marraient dans un tourbillon de bulles. Les minutes s'égrainaient, au rythme d'instrument givrés, tandis que les cuivres et claviers s'emballaient joyeusement. Drôle de contraste qui commençait à me mettre mal à l'aise. Quelle position adopter? Se laisser porter ou résister? 

Des mioches. Les ombres se sont découvertes des tailles, des carrures et des visages. Qu'est-ce qu'ils foutaient là? Je nageai lentement vers la plage, une angoisse nouvelle alourdissait mes membres. Que tenaient-ils dans leurs poings serrés? De longs bâtons aiguisés - des lances!! - , quelques épées de bois, des arcs. Chasseurs pubères aux bouches rieuses, les voilà qui entament une drôle de danse autour d'une masse noire que le plus grand d'eux vient de déposer sur le sable pâle. 

Sa Majesté des Mouches, ne serait-ce pas ton propre squelette amenuisé qui gît aux pieds de tes descendants aux mains lisses? 




jeudi 3 décembre 2015

Kill the Thrill - Tellurique

2005

Une petite troupe d'éoliennes astrales, plantées sur le sol Mercurien par une poignée d’irrésistibles pirates des Vents, se gave de brume et d'obscurité, silencieusement. Du plus profond des terres inhabitées leur provient une voix chargée de solitude, rocailleuse et forte comme le granit, qui leur murmure de s'abîmer dans le Néant, toutes âmes dehors, la peau rongée par le temps qui chante et gueule, fatigué de ne jamais mourir. 

L'album prend direct aux tripes, naviguant sans cesse entre des eaux boueuses, noires et suffocantes (sans reflet) et des eaux plus limpides, d'une pureté cristalline, source de jouvence salvatrice parcourue de riffs marquants. Avec Non Existence, par exemple, on tient  peut être le morceau le moins écrasant de l'album, tant le chant laisse des occasions en or aux instruments afin qu'ils éclatent et s'éparpillent, brassant l'air saturé de leurs cordes et hoquets fanatiques, poussés dans les limites gazeuses d'une existence sur le déclin. La douleur est palpable, aussi bien dans les paroles que sur les manches brisés des guitares, l'auditeur est compressé, broyé, retourné par cette vague d'annihilation finie à l'acide, ronge et grignote les ombres malades du fond de ton trou, inutile de cracher, Tellurique comme oreiller, recroquevillé au pied d'une de ces brasseuses de vent tendue vers l'Infini, la Terre en ligne de mire qui continue de tourner, pour qui? pour quoi? quand est-ce que le mécanisme s'arrêtera, fatigué ou bousillé? Seras-tu encore là pour y assister?


mercredi 2 décembre 2015

Ni - Les Insurgés de Romilly


Je lui avais donné rendez-vous dans un bar réputé pour son ambiance feutrée, sa musique élitiste et la qualité de ses alcools. Nous étions collés à un mur tapissé de mousse rougeâtre et moelleuse, tout au fond, mais si l'on tendait le cou, il nous était possible d'apercevoir quelques morceaux de la scène. À la table voisine, un type grassouillet tétait le cigare en caressant les boucles sucrées de la femme d'ébène collée à son ventre rebondi. Il ouvrait régulièrement la bouche, tenant son cigare entre ses doigts, laissant échapper un rire graisseux et mordant, sorte de fauve puant la thune et le stupre, prêt à bondir, tous crocs dehors.

La mélodie postillonnée par le piano à queue s'imbibait de l'épaisse nappe de fumée grise  -volatile et voyait ses volutes s'écraser contre les cols de veste, imprégnant coiffures et moustaches au passage. 
Je la fixais intensément, mordant ma langue d'anxiété, le goût cuivré du sang me piquait le palais. 
Et dans ses yeux , noisettes fondantes, j'entrevoyais de frêles nuances aux contours léchés, trépignant d'une colossale envie de se tirer, de briser les cloisons et courir, d'user son haleine à l'infini, pour l'inconnu. 

"C'est d'accord, lâche-t-elle.  J'en suis

Explosion acide au fond de mon crâne, je mobilise toutes mes forces pour pas trembler. Je me ressers en tequila, mais, mon geste est trop fébrile, des gouttes s'écrasent sur mon poignet. À l'affut, elle penche son museau en avant et tire sa langue hors de sa grotte humide, me lape comme un petit chien. J'ressens des picotements jusque dans mes orteils, va falloir agir. 

Je me dresse brusquement sur les talons, renversant la table au passage. M'en fous. En quelques bonds agiles, j'atteins la scène et dézingue le piano à coup de batte en émail blanc. J'éclate la tronche boutonneuse du pianiste en hurlant, faisant gicler dents et bouts de chair dans tous les sens, y'a un morceau de nez qui vient se coller sur le devant de la robe d'une très belle dame, au premier rang, pile à la naissance de son décolleté. Pétrifiée, la dame lâche un filet d'urine sur ses jambes douces, j'en ricane encore de la voir comme ça, yeux vomis hors des orbites, la robe cradingue de sang, les pompes gorgées de pisse, probablement déjà morte de l'intérieur depuis longtemps. 

À quelques tables de là, elle se déchaîne à l'aide de deux fourchettes, plantant à tours de bras la chair molle des convives hébétés, les os craquent de trouille et se disloquent, comme moi, elle est fendue d'un large sourire. 

Cette fureur qui nous anime n'a rien de singulier. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'oeil à la pochette de l'album - géniale et percutante, d'ailleurs. La révolte, qu'elle soit de chair ou de métal est implantée au plus profond des choses depuis la Nuit des Temps. 

C'est notre rôle de lui ouvrir nos chairs afin qu'elle en jaillisse sans honte, dans la splendeur de sa nudité, et qu'elle repeigne le décor, suintant de gros glaviots rouge sang, puis qu'elle chie des litres de flotte amère dans lesquels des nourrissons seront noyés, là, au premier plan, la Mort qui culbute un porcelet gavé d'écume, et haut dessus, un fil aiguisé et tranchant qui taille une large grimace glacée au foutre dans toute la largeur de l'horizon, avec ces petites figurines à forme humaine qui suent et dansent et se perdent à moitié fou, l'esprit flingué par le Néant, le corps meurtri d'avoir trop rêvé.



mardi 1 décembre 2015

Kate Bush - Hounds of Love

1985



j'aimerais bien être un des chiens de la pochette, le museau à l'abri tout contre son cou, blotti au plus près de ses cordes vocales, à l'écouter chanter de l'aube jusqu'à la fin des temps. Mais... Mon reflet fatigué me rappelle que c'est qu'une envie parmi plein d'autres et mes baskets sans scratch me chuchotent tristement que plus jamais yaura école,  mais merde à la fin! On va pas se faire bouffer par les souvenirs,  aussi voraces soient ils, du haut de leur longues selles qui schlinguent le vieux cuir rabougri ; si ça les éclate, de parcourir les diagonales en glapissant, qu'ils fassent! je laisse pisser. Ma bouche sourit tandis que l'album tourne, mes oreilles, couvertes d'un immense casque noir engageant, qui, de toutes ses decibelles, me délivre une musique dont je tombe éperdument amoureuse, rougissent.  ouais, cette phrase à rallonge en étranglera plus d'un...
Je me coule doucement entre mes draps propres. Ma main tâtonne bêtement la place vide, à côté de moi..personne ne se glissera là ce soir, alors à quoi bon?? 



vendredi 27 novembre 2015

Milla Jovovic - The Divine Comedy



La sublime gonzesse de la cover, gaulée comme c'est pas permis, a émoustillé direct mon attention. 'Manque plus que son ramage soit à la hauteur de son plumage, et c'est dans la poche' me dis-je. Tiens, en parlant de poche, la mienne est gavée d'objets confisqués à de trépidants marmots, plus tôt dans la journée. J'enroule mes doigts autour d'une paire d'écouteurs blancs, sans marque, et les enfonce dans mes oreilles. Les premières notes déboulent en bondissant, ça a de la gueule;

la divine créature aux boucles crépitantes se matérialise devant moi. J'ai la gorge sèche, une quinte de toux me prend, comme un clebs enragé, ma bave bouillonne sans bruit. Je détourne alors le regard de son visage, taillé par un Pygmalion au sommet de son art, me risquant à scruter son cou, à croquer, et puis ses seins. Mes joues se brouillent d'un pourpre impétueux, c'que j'me sens bête

Elle fait mine de rien remarquer et continue de chanter, à poil devant l'éternité, blanche et délicieuse tout près de moi. J'ose pas bouger, ni même cligner des yeux, mon souffle enrage dans ma cage thoracique, frappant les os qui le retiennent ; hors de question d'interrompre ce miracle, aussi farouche qu' inattendu. Mais... j'hallucine ou elle s'approche? Je laisse sa main laiteuse frôler la manche de mon blouson, puis je ne rechigne pas non plus lorsque je sens son index appuyer délicatement sur mon poignet ; je baisse la tête. Au sol, une flopée de riffs semblent agrippés au bitume comme des grillons dans une brume épaisse et dangereuse, putain de délire! 

The Alien Song prend fin au moment où ses lèvres goûtent les miennes, je rouvre les yeux, elle a disparu. À l'endroit précis où elle se tenait encore quelques instants plus tôt, une colonne de fumée blanche qui s'évapore vers le haut, attends-moi, qui que tu sois, je te rejoindrai!

Du coup, j'ai pas écouté les autres morceaux mais je m'en fous, cette entrée en matière était si parfaite qu'il est impossible que le reste de l'album soit mauvais. 

Et puis, j'ai tout mon temps, pour le découvrir, les êtres divins sont éternels..


(1994)

Aphex Twin - Flim

Oh purée, ce son a 29 ans ?  au moins.  C'est marrant, il est sorti le 6 Octobre 1997. (je suis nulle en maths, mais c'est le jour...