lundi 15 juin 2026

Aphex Twin - Flim


Oh purée, ce son a 29 ans

au moins. 

C'est marrant, il est sorti le 6 Octobre 1997.


(je suis nulle en maths, mais c'est le jour de mon anniversaire.)





C'est canon, hin ? :) 


Je n'ai toujours pas écouté le dernier album des Boards, ça me parait fou. Je ne sais pas trop ce que j'attends. 




mardi 9 juin 2026

ONEOHTRIX POINT NEVER - I BITE THROUGH IT

Du haut d’une montagne d’instruments désaccordés, un loup gueule à la Mort. 

Sa plainte est de métal, ses souffrances, bien réelles, lui perforent les poumons.

Une armée de chênes désabusés absorbe l’écho du corps qui se tend et se recroqueville parmi les cadavres aux dents creuses, obsédant bordel. 

D’une vie sur le point de chavirer, il faut prendre appui – 

Que restera-t-il de nos souvenirs après que la dernière note se soit évanouie entre les étoiles? 
Les astres se mettront-ils à chialer? Probablement pas. Nous ne sommes que des bâtons de poussière, irrigués par quelques litres d’un nectar volatile, incapables de nous sauver . 

Le Néant, juché sur son trône en cristal, ne nous quitte pas des yeux. On a beau lever les bras, frapper le sol de nos jambes décharnées pour tenter d’accrocher le rythme, toute résistance est inutile. Les soirées mémorables ont toutes une fin. 
Tragique et décalée, d’ailleurs. 
Ne sont-ils pas idiots, ces troupeaux de fêtards, à trainer leur carcasse puante sur les parkings, aux premiers soupirs de l’Aube, l’organisme en manque de came, leurs yeux vitreux d’avoir trop dansé, vibrant sans cesse, à la recherche d’une ultime dragée interdite? 

Que reste-t-il de ces deux êtres, qui toute la nuit, se sont enlacés? 

Un synthé solitaire balaye leur romance en une portée, y’a plus qu’à rentrer seul, le visage sale, l’esprit embrouillé, ou ne pas rentrer du tout, et se coucher en chien de fusil, tel un bâtard aux longues oreilles tristes, tout contre le bitume. 


à quoi bon persister? 

S’attacher à un corps transi, pour la délicatesse de ses courbes et son odeur… tu l’aimeras toujours, dans 120 piges, quand il ne sera que lambeaux dégueulasses, abandonné sous terre, habité par les vers? 
Le poids du Temps se fait trop lourd, la balance est fêlée. D’une craquelure plus profonde qu’une autre se hisse maladroitement une bribe de voix parasitée, son chant sème la Terreur parmi les goules au teint crayeux. Elles s’éparpillent en glapissant, l’échine déchirée à grands coups de désespoir, les yeux révulsés par un passé maudit. 
La plus grande d’entre elles passe un doigt décharné sous sa paupière, afin d’en recueillir une goutte vermeille. 
Ses pieds cessent de s’agiter. 
Elle stoppe sa course sans fin au pied d’un char couvert de mousse. 

Éreintée, elle se laisse tomber à terre, bruit sec d’os pourris qui se brisent, un nuage verdâtre encadre sa carcasse, quelques mouches vrombissantes, excédées par tant d’audace, décollent de leurs perchoirs. 

Le morceau touche à sa fin, la goule le sait. Ce qu’il reste de ses yeux, brille d’un éclat nouveau. Verts sont ses iris, autrefois complimentés, deux trous sans fond, qui roulent en gémissant. 

L’album d’Oneohtrix Point Never sort en novembre : l’espoir s’est bel et bien noyé dans un souvenir, rongé par le froid. Avec ce premier morceau, il signe la fin d’un Monde qui fait écho à la perte de l’être cher que l’on ne pourra plus jamais prendre dans ses bras. 

Alors, dis-moi, prophète des Temps Perdus, comment je fais, à présent?  




(C'est un vieil article, qui date de 2015 )

IDEAL SPLEEN

Loin de toi, je m’autorise à rêver, de nouveau. C’est ta silhouette qui renaît indéfiniment derrière mes paupières, nos mains s’entrelacent et fondent, éclaboussant l’univers et ses étoiles bouillantes. Toi qui revêts multiples peaux, et qui rêvaient à mille formes, promets-moi de te montrer moins amère lorsque je me réincarnerai en somptueux renard ; je porterai notre progéniture de renardeaux à même le dos, protégés par une forêt dense et fruitée, d’une infinie tendresse.

En attendant, je suis ici. Une femme, assise en face de moi, m’agace.
Elle se fatigue les nerfs sur de la mauvaise littérature, la pauvre. J’aimerais pas être dans son lit, entre les draps craquants et secs. La brume, dehors, tombe droit comme un rideau. Elle a perdu de sa candeur évanescente et coule cash, blasée, engloutissant bêtement le paysage, lointain souvenir. L’intérieur de mon crâne appuie ses vieux os contre mes rêves, de moins en moins doux. Tout se disloque et meurt, malheur à celui qui oublie de sauvegarder

Un homme sans visage (peut-on réellement dire que c’est un homme ? vaste question… Un veston noir, comme ses larges épaules, déborde sur son pantalon sans pli, râpé aux genoux) m’étudie à l’aide de ses deux mains, parcourant mon corps comme un antique chercher d’or fouillerait la terre de ses doigts durs, c’est ce contraste des textures qui me rend dingue, le contrôle s’impose et descend le long de mon ventre, il pose son semblant de gueule triste contre ma raison folle, relâchement de mes sens, j’emprisonne son dos de toute la lâcheté de mes deux bras.

Forgeons ! Ensemble

une ère nouvelle, gouvernée par les ouvertures, libre de royalement s’écrabouiller la gueule contre des coeurs de nacre, des croupes d’ébène, soutenons la masse grouillante et léchons toutes les âmes pleines ; à corps perdu je me jette dans la bataille, si ce que je ressens est chimère Pure eh bien TA MERE, je dompterai les éléments.
Sous l’urne bafouée, une poignée de Losers grelottent en tapotant fébrilement leur smartphone. L’un d’eux a un bout de bois de verre dans l’oeil, le liquide chaud et pourpre glisse abondamment sur son visage. Plus tôt dans la matinée, il s’est battu avec son père mort, qui n’avait pas les mêmes idées que lui. L’Ancien lui a collé son poing dans la figure, brisant ses lunettes, qui, en se défragmentant, ont pénétré mollement son globe, à la manière d’un couteau aspiré par une brique de beurre fondant.
La diversité de nos flux, c’est là tout l’intérêt de notre existence. Je suis dans tes bras parce que tu as capturé mon ombre, qui s’est mélangée à la tienne, comme une naissance, et je t’en remercie.

Tous rêvent à la plus grosse part – certains d’entre eux dans l’idée de la partager, j’espère. J’vous aime et vous déteste ! parce que vous m’avez remarquée.
j’agite bêtement mon corps et me surprends à croire, au rythme dingue d’une sérénade dorée, qu’il existe quelque part une femme belle, pour me dompter.
Les guitares du temps transcendent la mesure; je n’ai plus que mes dents, pour battre la brisure et je me noie, me noie dans le miasme de nos élucubrations… steuplé madame, accepte ma présence, je soutiendrai ton âme jusqu’à la mort, jte JURE ! n’étrangle pas trop, les opprimés. C’est toi, c’est toi qui tous les jours me brûle, avec ta verve, tes obsessions, par delà les nuages, j’entrevois l’alter-réalité. Et ça me plaît, t’entends ?

Oui ça me plaisait.

Tu m’as enseigné l’extase, j’ai jeté la patience, elle gît aux pieds d’un arbre triste, pas loin du tombeau d’une grande Reine oubliée. Tu voudrais bien m’accompagner encore un peu ? Toi qui nourris mon âme et la guide à travers ces Ténèbres glissantes, je ne te duperai point, au contraire.
La route n’a plus vraiment de début, demain est dépassé depuis des lustres.
Un peu de calme, à l’intérieur d’une petite cabane en bois, nous fait du bien.
Un chat, rond et joyeux, nous inonde de câlins.



(c'est un viiiieux texte qui date de 2018) 

URBAN BLUES

Oui, je devrais laisser ton souvenir de côté pour une vie plus noble, une vie facile et ouatée. Pourtant, j’ai les mains qui attrapent deux/trois pinceaux qui traînent, le poil hirsute comme les lionnes endormies, pour tenter, une fois encore, de te peindre. Je me penche par-dessus ton épaule et me cogne le front au violon que tu brandis pour m’éloigner. Bah, tant pis, je te vénérerai seule dans mon coin, les paumes taillées par la jungle. TAXI ! jette-moi au centre ville, ici j’étouffe, je veux que le tumulte de la ville m’électrifie, me démembre et m’avale, puis recrache mes os sur le trottoir. Mieux vaut crever au centre de tout de manière anonyme, qu’à l’aube du dernier rêve tiède roulé en boule dans son lit. Mon château de cartes se prend un coup de patte de chat, y’a le parquet qui se marre, je saigne du nez. Bordel ! Qu’on me file une couronne, j’ai cassé ma canine sur une fève en plomb, je peux coincer mes clopes dans le trou et souffler la fumée par là, on dirait un dragon.

Tout l’album déchire mais je crois que le point d’orgue est atteint sur la track 4, Why Can’t I Fly, parce que j’me pose la même putain de question, ça vaudrait tellement plus le coup.



BAD BOY LOVESTORY

Tu n’imagines pas à quel point tu me fatigues le coeur

Va falloir penser à arrêter, car ça plus la ———, ça fait beaucoup pour un seul homme.
ouais c’est il , ouais c’est lui, un coeur un seul, biberonné aux histoires qui finissent bien, imbibé du parfum des femmes depuis son premier battement, même de celles qui ont tourné les talons, even if on est bien en basket, tu vois exactement où je veux en venir.

oui je suis sexy, et j’suis toxique hmmm si tu m’aimes tu paieras le taxi

Elle l’a fait (payer le taxi à l’autre bout du globe) et pourtant le gouffre est immense

Cet album est le truc le plus pur et le plus complet que j’ai écouté de ma vie.

Une fois encore, on pourrait penser que j’exagère… pourtant c’est réel.

Theodora a réussi ce que personne n’avait réussi avant elle : proposer un disque dansant, fun et déchirant sous des airs de machins commerciaux de bas étage. Je suis obligée de drop name l’ignoble Aya Nakamura que vous encensez sans savoir, sans goût, je suis personne et pourtant je vous l’affirme : Bad Boy Love Story est l’album parfait que l’on attendait plus.

Qui n’a jamais rêvé d’un conte acidulé sur lequel se déhancher jusqu’au bout de la nuit ?

a good sin, voilà, c’est exactement ça.

on y est.
tends l’oreille et écoute.

J’aime cet album de tout mon coeur et de toute mon âme, c’est difficile de trouver les mots,
faut l’écouter pour comprendre,

elle se met totalement à nu pour nous , je trouve ça prodigieux.

FNG ouvre la danse de la plus belle des manières, FASHION DESIGNA (ma préférée) nous envoie dans la stratosphère.

SORRY SORRY SO a le refrain le plus clean de l’histoire des refrains, tous les morceaux sont craquants.

Une demi-heure.

ça ne dure qu’une putain de demi-heure.

J’ai pour habitude de ne rien regretter, mais imaginez un peu ce qu’on peut faire en une demi-heure.

My failure was that I got used to it.



I'm BACK

Coucou :D


Me revoilà. 


La Chambre du Robot.net est DOWN, je veux plus en entendre parler. Me revoilà sur Blogger, avec 

La Chambre du Robot qui regroupe mes textes ciné et littérature, et ici, mange mon disc, qui regroupe mes articles musiques.


Bonne lecture  ! 


(oh, et voici mon profil Rate Your Music pour les plus curieux d'entre vous. J'ai des listes cools et y'a tout ce que j'ai écrit ces dernières années dessus) 





mercredi 16 mai 2018

Plai Plai Plaiiiiid

Ce n'est un secret pour personne, Plaid est l'un de mes groupes préférés.
et c'est dingue, à chaque fois que j'enclenche un de leur morceaux, je deviens folle.
même après tant d'années...




Y'a pas longtemps, à une soirée, je me suis vue entourée de 2 musicos assez calés (l'un est photographe/chroniqueur et l'autre un truc tout aussi "poussé")  Et je me suis retrouvée à devoir expliquer, avec des mots COHÉRENTS, pourquoi j'avais osé dire que "New Family" était dingue, pourquoi j'avais osé balancé que c'était du GENIE, alors qu'eux, ils n'y voyaient qu'un son très moyen, pas ouf techniquement. 



Ta Gueule, avec tes termes techniques, tes mythes et tes exigences.

je ressens tellement de choses différentes en écoutant ce morceau qu'il serait vain d'essayer de les rassembler sur papier (ou ordi)
je pense que le meilleur carton de LSD du monde est à des milliers de kilomètres de puissance d'une minute de New Family.
je crois que grâce à ce morceau je comprends un peu mieux ma présence sur Terre.

Si tu avais prêté plus attention, si tu avais regardé au-delà de tes préjugés et si tu avais saisi la main que je t'ai tendu mille heures durant,
tu aurais plongé à coeur perdu dans la lumière;

Peut être que leur Live était en-deça de mes espérances, très largement même, mais ça fait rien, ce fut un sacré périple et je continuerai d'écouter leurs morceaux avec fougue et dévouement. (bon, j'avoue qu'ils ont quand même intérêt à se réveiller, leurs dernières sorties sont pas vraiment à la hauteur)

enfin voilà. Mon papier le moins perché pour l'un de mes groupes préférés, contradiction quand tu nous tiens (:
tfaçon c'est pas comme si j'étais lue, hin ! surtout ici

mardi 18 juillet 2017

Nervous Young Man

J’ai fait un rêve étrange, le dos calé dans un fauteuil rouge sang, arraché à la dernière rangée d’un cinéma miteux, cloué au beau milieu d’une clairière. L’herbe tendre qui encerclait mes pieds avait un goût de cendre, quelques fourmis jouaient entre mes orteils. Âpres sont les secondes qui lentement s’égrainent au cours d’un songe, mes canines ont rongé le temps. Je me retrouve sous le corps blanc d’un jeune poète, ses boucles rendues translucides par les rayons de Lune tombent sur mes joues et les chatouillent. On s’embrasse en rigolant, au son d’une corde grattée, ses lèvres sucrées découvrent mon cou, je me tortille sous ses caresses, un battement de coeur plus tard, il s’évapore. J’écarquille les yeux, deux points brillants sur une face blême, je continue seule à m’explorer. Dieu que cet album est BON! Ses titres, décomplexés, étirent leur insolence de longues minutes durant, et pas une fois l’ennui n’ose ramener sa fraise. J’ai plongé tête la première dans un court d’eau glacé, le dos couvert d’écailles. Des bestioles aquatiques m’ont encerclée en un concerto de bulles démentes, j’ai sorti mes baguettes et tapé de toutes mes forces sur quelques coquillages sous marins. Des petits bouts d émail giclaient dans tous les sens, torpille cinglante et boule d’algue dingue, les hippocampes en perdent la vue. Rêve démentiel sans queue ni fin, je me retrouve sous une couette chaude, dans les plus doux bras du monde, aux bouts desquels un grand sourire, mordu aux lèvres en maints endroits..


They Fall But You Don't

Les trous de sa peau, comblés d’une tendresse pâle, me font frémir.
lie-moi à la tendresse d’une voûte!
J’enfonce mon museau triste au creux de son cou, la tiédeur de sa peau comme boussole, enfin, je me reconnais.
j’attache mes mains à la barbe bleue du temps nouveau,
il n’est rien de plus vain que les souvenirs.
sous les tendres gémissements d’une nymphe folle, j’organiserai ma chute..
Ils sont témoins, là-haut, de nos moindres caresses, ton corps accuse le coup et en redemande, qui suis-je, pour toi, lorsque nous sommes loin?
Désirs farouches de liberté qui ne laisse pas de place à la mollesse du coeur.
j’y comprends rien, moi qui croyait qu’on périrait ensemble, nos âmes soudées à n’en devenir qu’une,
lumineuse et démentielle, à la hauteur de nos attentes.
éloignez-vous de nous, putain, mon trône brûle de colère
Vous n’êtes qu’orgueil et détresse, à en salir les morts, à la manière d’un charognard vous picorez les yeux malins, sans jamais être rassasié.
milles troubles agitent mes rêves, mille péchés secouent ta chair,
sublime magie aux douces mains gantées, que cache tu sous ta blanche tunique?
Contre ta lèvre ennemie je presse un bâtonnet de sucre
au contact de cette valse lente et généreuse les chairs ploient petit à petit,
une liqueur amère trempe ta belle échine.
Au bout de la chaîne en toc un petit oiseau mou balance son bec dans tous les sens
Non, l’amour ne triomphe pas ce soir.


 
J’ai du mal à saisir, ce qu’apporte cet album. Mes mains se heurtent à une paroi gelée façonnée par l’ennui, que rien ne trouble. Je me dis que la tristesse du compositeur ne gagne pas, à être exposée ainsi, dans cette forme là. A la manière d’un animal trop brusque élevé en marge de la portée câline, le temps cabre son échine d’indécision puis finit par se mordre la queue, les crocs gonflés de haine.
La lune dépose son étroite écharpe d’argent sur la forêt et la faune qui s’endort. Au loin, les murmures de la ville troublent la quiétude des ombres endormies, parasitant leurs songes, remuant leur conscience. Du haut de son perchoir boisé, un vieux hibou se délecte des restes d’un rongeur, chassé quelques minutes plus tôt.  Le poil parsemé de taches vermeilles luit sous l’éclairage velouté de l’Astre triste. Son repas terminé, l’oiseau tend dignement ses ailes, le regard fixé au loin, l’esprit perdu au delà des cimes, et, sans un bruit, s’enfonce dans les Ténèbres irréelles du temps meurtri.

dimanche 19 février 2017

L'Oublie

À l’autre bout du monde, là où les ombres n’ont pas de coeur, un jeune prophète se bourre la gueule sans sourciller. Le goulot froid, entre ses lèvres tristes, teinte l’aurore de ses harmonies ivres. La tête du garçon frappe ses épaules avec une régularité déconcertante de métronome sérieux, gauche-droite-gauche-droite__________ la ligne est fatiguée.
Sous ses yeux d’ébène, une femme à la peau morte s’endort, le nez sur son violon. Pour qui joue-t-elle, depuis des mois, si ce n’est pour un souvenir? Elle s’est usé les os, à force d’espérer; son horrible dos se courbe plus bas que terre au rythme des âmes transies d’effroi qui s’amoncellent, en tas de boue crasseux, au pied du lit inoccupé. La solitude comme point de repère, une cigarette invisible derrière l’oreille, le jeune garçon défie la mort droit dans les yeux — c’est ton odeur, oui! Ton odeur qui m’a rappelé à toi, ô toi, frêle navire aux cales vermoulues. Le vent s’engouffre entre tes cuisses, ma langue s’assèche et mes oreilles multiplient le fracas des battements de ton coeur– mensonge! Ta tendre poitrine est vide, creuse comme une vieille souche fatiguée. Les couleurs ont toutes été oubliées et je regrette, oh oui, je regrette, de ne pas les avoir enlacées.
à l’époque où mes bras pouvaient s’élever , j’aurais fendu ton âme et embrassé tes plaies, lécher tes joues acides et prié le Soleil de ne pas trop douiller. Assommante errance d’un astre triste, recroquevillé entre les mauvaises mains, le buste écartelé aux pointes de la plus belle étoile, le garçon meurt à petit feu.                                              

Je t’aime, sublime chimère, même quand je ne suis plus.


mardi 31 janvier 2017

Je rêve de chattes silencieuses aux contours humides

Sournoisement assaillie par les ronflements sonores d'un animal au poil doux, je dégage ma couette Mickey Mouse d'un coup de pied sec. J'ai gardé mes lunettes de sommeil et les barres de plastique s'incrustent à coups de reins vicieux dans ma peau. À vif, la molle croûte se fêle en dégueulant une mouille opaque et huileuse, mes doigts en sont tartinés. Frustrée de ne pas trouver Morphée, les cuisses écartées, je secoue mon hochet à la ronde, priant les Créatures nocturnes de m'arracher un ou deux cris. Rafales de cordes tendues et délire douteux de gorge repue, j'esquive les 2-3 morceaux merdiques de l'album et prends mon pied sur les autres. Je mords à pleine dent le coussin imbibé de bave sèche couvert de cheveux longs - commence à le lécher en clignant des yeux. L apocalypse, maman, va te péter à la gueule et recouvrir ton être en étirant ses lèvres afin d engloutir ton corps, ton âme et tes souvenirs. Fondue au trottoir élimé, ton ombre mord les bouts de gomme mélangés au granit. Poussière et désir à sniffer de concert, sur la croupe d'une instru libérée, j'ai les pupilles qui crépitent dans le noir tel de timides corolles tuées à petit feu par les flashs acides de l'ambulance qui me transporte vers Agartha. J'ai des envies oblongues d'écorcher tes vices du bout de mes ongles rongés, ne commence pas à chialer.. J't'ai fait les poches en te léchant le cou, j'avale doucement des petits bouts de toi, ça ne me tire pas d'affaire, j'envisage de plonger tête la première dans ton coeur affolé. Une batterie cogne dur sur tes ventricules, étrangement ça me soulage un peu de te voir souffrir, je ne réclame pas ta mort mais je dirais pas non à une nuit entière à te piétiner les orteils en chantant. Le bal des cocus joue ses dernières notes ; collé au mur du fond, un radiateur ancien fait craquer ses tuyaux en mesure. Un immense polichinel de bois et de mousse se prend les pieds dans ta robe aux reflets de lave, bascule tête la première contre le carrelage, gelé depuis des siècles et des siècles, miaou. Ses propres canines de miel fossilisé pénètrent sa tendre langue, sans bruit. Un flot tiède d'hémoglobine s'échappe des trous en bouillonnant. Aux coins de ses lèvres usées par le temps des Amours Charnels se dessine une lune poupre, d'abord minuscule puis de taille démente. Lune rousse aux seins juteux, mord tout sur son passage. 

Je m'engloutis



jeudi 17 novembre 2016

Trahison

Le Temps, fidèle
ennemi
m'invite à sa table.
Mes doigts s'entrechoquent sur les couverts d'argent.

Je dépose un baiser tiède
Au sommet de ton épaule
morte

Blafarde errance d'une bouche molle
rongée par l'Amour

Sous ta peau lunaire
serpente un ruisseau triste

Pourpres, maigres
tes jambes flageolent en tentant de me fuir

Deux mont liquéfiés - de trouille
se dressent sous tes caresses

Ah! Qu'il était fier et lourd, le temps des Amours Jeunes



 
maintenant, les draps se gonflent de larmes à la réminiscence de ton corps disparu

et toutes ces âmes mortes
qui hurlent dans l'obscurité
s'éclatent en mille cohortes
dans les tréfonds d'un songe torturé


j'accuse! le frais matin de m'avoir aveuglée
Il me reprend mon âme 

et quel supplice, de plonger tout entier dans cette masse sombre
mouillée des larmes d'un autre temps

réveille-toi , putain!
nettoie ta gueule d'amour barbouillée et 

P A S S E   A   A U T R E   C H O S E 

sinon...



De la pointe des dents, je mordille des petits bouts d'un nouveau corps immaculé, trempé d'innocence.
Ta chair est tendre et moite, fondue sur les contours de mes doigts qu'avidement je décide de lécher.

Jusqu'à la prochaine odeur, je veux bien m'ignorer.

Et si ton corps venait à disparaître, j'irai sonder les limbes hostiles, d'un pas décidé. Hurlant ton nom aux ombres douces, percées de regrets, je franchirai l'impossible au coeur de glace. 

Ici, où les distances infinies maintiennent le temps en émoi, comme le ferait une meute de hyènes affamées, je n'ai plus peur de lui. Sa taille ne m'effraye pas puisqu'il n'est rien, minuscule parasite hagard aux yeux tombants, qui sournoisement m'évite...

bâtard!

J'en ai croisé, des lâches, mais toi t'es leur leader puant, avec ton corps trop grand qui ne peut passer les portes de l'esprit, barbote, barbote ! dans ta libre fange, terre mouillée aux beats assourdissants et disgracieux, ils sont légions à vouloir t'ignorer. 

Et je cherche ton sourire, sur ces faces d'ardoise monotones
même si je sais très bien qu'au fond, je n'en n'ai plus besoin




jeudi 10 novembre 2016

Ellipses

Nil Hartman - Ellipses (2016) 



Rongée par les remords, l'ombre discrète joue des coudes et tente de se mouvoir au milieu d'une foule vorace, s'étendant à perte de vue. Affaiblie par une dépendance flagrante à l'autre, au souvenir tendre de ses caresses ainsi qu'aux réminiscence d'un Temps Immémorial, toujours, gonflée d'espérance, elle peine à avancer.

Pourtant, 32 annonce un changement purgatif :

Au contact de ces êtres, l'ombre s'ouvre doucement, à la manière d'une fleur tardive, se nourrissant des éclats de voix que l'air réchauffe à gros bouillon. Voici que le rouge lui monte aux joues, cela faisait bien longtemps. Et c'est de face, en pleine lumière, qu'elle se montre à présent.

Au hasard des soubresauts sucrés de ces pantins de sueur, désarticulés, l'orgue triste s'agenouille puis se relève, chaque fois qu'il croit apercevoir celle pour qui tout est destiné.


Les notes tombent sur sa chair en multitude d'Émois craintifs, combien ces rides ont-elles acceptées de larmes?

Discrètement ,Nil Hartman réussit l'exploit de capturer l'instant, sans l'amocher, ( ) en est la preuve concrète. Et j'attendais, oh, j'attendais, un morceau baigné d'Extase et imparable, symbole transi d'une époque à venir...

Yoctomètre
(ouverture de l'année, sans hésitation) déploie son synthé saturnien et nous montre l'Avenir, en souriant. Un ange en perdrait ses ailes de douceur, trouvant d'autres moyens pour regagner son trône.

Et moi, c'est avec des morceaux de cette trempe que je veux grandir. Je suis même prête à pardonner.

Ellipses offre, aux plus moribonds d'entre nous, une rédemption salvatrice , inespérée, perdue dans un recoin de l'Univers, noyée dans le volcan de l'amour fruste. Sans titre 6 n'a pas besoin de nom puisqu'elle est toutes et tous et qu'elle jaillit de l'ombre en un soubresaut gigantesque, laissant derrière elle des gouttes chaudes d'une lave magnétique irisée.


Merci



vendredi 14 octobre 2016

bleu perdu



Les voix angéliques déstructurées me font fondre. Fall en est gorgé jusqu'au sommet de la plus haute tour, qu'on entraperçoit en arrière-plan, gommée par la stupeur bleue d'un brouillard perpétuel.
ça y'est, je replonge.
Oh ce que je ne donnerais pas pour l'oublier! ça fait des semaines que j'essaye, question de vie ou de mort, et pourtant...

Je m'adresse alors à l'inconnue aux cheveux sombres aperçue quelques fois dans mes rêves d'antan. Manifeste-toi, qu'on plonge vers l'avant!!


jeudi 13 octobre 2016

Childhood Mélodie

Il m'a suffi d'une seule écoute, tout comme des fois il nous suffit d'un unique regard, pour tomber amoureuse. D'une douceur inégalable de main de femme, guidé par l'espérance enfantine et bornée d'instruments en symbiose, Wingtip se vit comme un souvenir moelleux, de la trempe de ceux qui vous poussent à continuer, malgré la lâcheté ambiante. Même les cuivres se coulent dans l'atmosphère comme on se coule dans un vieux pyjama usé, fleurant bon l'amour maternel. La pochette, d'une électrique contemplation promet le plus fou des voyages, aux confins des rêves, à la limite de l'extase.




au diable la raison! 


L'innocence récupère son royaume et pousse de ses petites mains habiles son Roi sur un trône forgé de coussins, recouvrant le monarque d'une couverture laineuse et, genou à terre, le nez vers le sol, elle sourit.
Sous ses paupières closes pulsent une myriade de beats élastiques et de sous son corsage s'élèvent quelques fragments de voix séraphiques et blancs, tout étonnés de voir qu'il y a encore de la vie alentours. Les corps malades, dont les entrailles broyées par l'ignorance des Autres grésillent d'effroi, se tendent doucement vers la Lumière, en quête d'un repos bien mérité.
J'exagère à peine en disant que cet album est touché par la Grâce. J'y ai senti l'Amour , mais pas le bâtard que j'ai trop longtemps porté, celui qui broie et qui déçoit. Là il s'agit d'Amour sans contrainte, de Liberté. 



Et même si je dors seule ce soir, en écoutant Wingtip avant de m'évader, je ne crains plus les Ténèbres qui m'ont, les derniers temps, bouffée, car mes sens seront tournés vers des horizons moins mornes et peut être qu'enfin, demain, au réveil, je t'aurai oubliée. 



mardi 4 octobre 2016

à toi qui ne t'efface jamais

Un corps, ça s'apprivoise, ça se mérite. 

Et ta voix d'ange éclate en moi comme un essaim d'insectes chatoyants, nourris à la poussière d'étoile, camés jusqu'à l'âme, à moitié fous de ne jamais s'arrêter. 




Épouse-moi! 



dimanche 11 septembre 2016

la complainte de l'astre tiède






Il n’y a pas si longtemps tu sais, je me promenais à deux sous les étoiles, mes doigts encerclant sa main pétrie de douceur, si fine qu’un souffle stellaire pouvait la fendiller. Pourtant, jamais elle me lâchait.

Je me moquais de tout,surtout des choses sérieuses.

J’avançais en riant, persuadée que ce bon vieux Chronos, étendu à nos pieds, gloussant des farandoles de paroles flinguées, nous encourageait à piétiner, nous offrant ainsi l’Infini Désastre sur un plateau d’argent.

à force de la mordre, la poussière à fini par saigner

Sa peau teintée à laquelle je tenais tellement commençait à peler. d’abord par petites plaques éparses, y’avait pas de quoi s’alarmer.

Jusqu’à ce strident cri de volatile ressuscité qui m’a tirée de ma torpeur.

Grelottant d’effroi, j’ai découvert un amas de chairs fumantes à mes côtés, sur le matelas complice de tous nos jeux, des bulles noires claquaient en suintant. 

J’ai tendu l’oreille, tout près du coeur noirci, un doigt sur la touche de son âme fatiguée. Guidée par les regrets amers d’une horloge d’un autre Temps, je me mis à composer une étrange mélodie, que seuls les morts pouvaient entendre.

Je ne crois plus à l’Amour, puisque je l’ai tué.

le pauvre n’avait pas de visage, et pour seule arme, il brandissait maladroitement la ruine d’une Cathédrale au creux d’une de ses paumes.
Le combat, inégal, fut rapidement plié.

Je lui enfonçais dans le coeur – n’est-ce pas là ironique?- la pointe d’un vieux clocher.

Sous ma molle narine, un minuscule moucheron vient de s’écraser. D’un élan destructeur, je l’aspire ——- jamais plus il ne volera.

C’est ici qu je m’arrête, à la manière d’un trappeur épuisé. lorsque les force nous manquent et qu’on ne sait plus comment pleurer, la Nature se réveille et vient nous enivrer.

Assise sur un croûton de bois, les mains rafraîchies par un ruisseau lunaire, pressée de rêver aux étoiles, je songe à nous.

Et ton visage parfait, dessiné dans le beurre par un écureuil doué, me saisit et me hante, comme une morsure indélébile de quelques animaux maléfiques et dangereux, du genre de ceux que l’on se plaît à pourchasser.


dimanche 31 juillet 2016

sans nom

Ses doigts, rongés par l'urticaire, l'empêchent d'écrire aussi fluidement qu'à l'ordinaire . ça le fout en rogne, il ne cesse de cracher au sol en maugréant d'intelligibles jurons.
Derrière lui, un pigeon mort se décompose silencieusement . L'oiseau gît aux pieds de la grosse commode sombre, couverte d'un océan de livres jetés au hasard, cela fait des semaines qu'il n'y prête plus attention. 
L'envie d'en finir avec son texte obnubile ses pensées, contrôle ses gestes. La frustration grogne au fond de ses entrailles, remuant tripes et boyaux. Tournant lentement la tête vers la fenêtre, son regard croise l'horloge clouée au mur. Depuis combien de temps n'a-t-il pas mangé? 
Ses dents commencent à pourrir d'ennui, ses poils se teintent d'un gris dégueulasse, un gris déprimant et malodorant. 

à l'intérieur de son crâne un millier de pensées se fracassent contre l'os fatigué, commencent à ronger leur prison
de ses narines ruissellent quelques gouttes verdâtres qui viennent s'écraser sans bruit sur le dessus de ses mains, deux montagnes molles posées à plat sur le bureau. Le liquide visqueux recouvre la page blanche, il se met à rigoler 

ce n'est pas un son qui s'échappe de sa gorge mais une fumée noire aux relents de métal, ses yeux s'écarquillent sous le coup de la surprise, ses doigts couverts de plaies tentent vainement d'agripper son cou, sa peau se tend et se couvre de zébrures pourpres, puis commence à peler. 
il sent ses cheveux s'embraser et disparaître, sa vue se brouille , un liquide chaud dégouline de ses oreilles ratatinées, voilà, songe-t-il, la mort me prend trop tôt, je....

 

samedi 2 juillet 2016

le cosmos oublié

Au centre de ses iris l'Univers se réveille. 
un p'tit morceau de planète collé à son front braille à en fendre les étoiles

la structure de son visage glitch sans retenue ------


elle ne souhaite pas se dissoudre


pourtant .. 



Aphex Twin - Flim

Oh purée, ce son a 29 ans ?  au moins.  C'est marrant, il est sorti le 6 Octobre 1997. (je suis nulle en maths, mais c'est le jour...