lundi 3 février 2014

LES 10





Yo, petit, il est temps de fermer les yeux, les types sur l'autre rive guettent les rainures au coin de tes tempes, 
ton souffle se raréfie, tes doigts se tendent, happent l'air une dernière fois.. 
Dans quelques instants, l'éternité à écouter haleter la Mort, mieux vaut partir sur du bon son, tu vois, KAOU les âmes n'ont pas de tympans; 
y'a des mélodies qui s'oublient pas, incrustées jusque dans ton adn qui lentement s'égraine dans l'intestin du temps
alors vazy, gamin, fais-toi plaisir, une dernière fois, couvre tes oreilles de ton putain de casque et écoute, 
l'ultime repas nappé de décibels, 10 morceaux pour mourir comme un prince, l'épiderme en transe et l'coeur battant, 
précieux instants d'une vie lascive forgés de mains de Maîtres, en garde prêt ALLEZ, 
sans changer l'ordre des pulsions, 
on se revoit de l'autre côté, BÂTARD. 












Quelques instant de pause 
puis




plus que quelques minutes

la dernière 

et




+

samedi 4 janvier 2014

L'imprudente




Une mèche indocile lui chatouille la joue en riant, encore quelques gestes précis, bien placés, la voilà prête à sortir. Embrassant le goulot à la manière d'un amant déjà conquis, elle rigole; une bulle de mousse s'accroche au coin de ses lèvres, passe furtivement sa langue dans le recoin, fin prête, s'élance vers l'inconnu.



Le message d'un anonyme à portée de phalange, elle trottine vers l'arrêt de bus, reniflant l'air par à-coups, la pupille dilatée, les dents agrippées à ses lèvres. Patiente silhouette au milieu de nul part, le bus tarde à venir, la fille frissonne, Zéphyr la mord. Là où le trottoir s'achève, aux abords de la brume, se dessine la patte d'une bête, ses griffes raclent le bitume...



Son épiderme se glace , ses tempes bouillonnent d'une envie de courir, pourtant, la bête s'approche sans qu'elle ne fuie, à quelques centimètres l'ombre menaçante se fige, les doigts de la jeune fille se tendent, la gueule tartinée de bave du monstre l'engloutit.

jeudi 14 novembre 2013

Sal' g0SSe



La jambe droite pendouille à quelques centimètres du sol, juste au dessus d'une assiette qui miette, les doigts engourdis du môme tentent d'accrocher le réveil Simpson qui gueule, - grrruuumblfg c'est bon, jme lève. 



Ah ouais, les yeux rivés sur la téloche grésillante et la main serrée autour d'une grande cuillère, le gamin mâchouille doucement ses céréales au miel, machinalement. Les vitres de la cuisine essuient des postillons glacés, silencieusement, la journée renifle l'ennui, rechigne à se déplier. 




Le trottoir a la tronche ravagée d'cailloux qui s'égrainent sous les semelles du gosse, les mains dans les poches, triturant des cents oubliés, l'esprit anesthésié "Gaffe où tu marches, gamin" susurre un vieux clodo à moitié pourri. Haussement d'épaules et narines qui se soulèvent péniblement, le bahut est encore loin, la route semble s'étirer, grattement du briquet qui s'enflamme et la fumée brouille le paysage.. 



[à suivre]

mardi 5 novembre 2013

Incantation Celeste

Y'a plus beaucoup de place sur mon lit, alors je pousse un cadavre d'Ours dans le vide, son museau accroche une étoile brulante, puis saigne. y'en a partout, j'étire un pan de mon pyjama pour essuyer les éclats vermeilles étalés sur mes pieds, mes orteils frissonnent, l'ongle incarné aboie une chanson mortuaire, lentement l'Ours s'écrase contre un rocher en bronze, anéanti.

dimanche 3 novembre 2013

Bave sur ma pochette (7)

Natti - Still Motion (2013)






Damn it this is not my planet
At least I hope not cause I really can't stand it
If it is so be it I speak it how I see it
Let that be the dirty acres flag pledge allegiance


mardi 8 octobre 2013

Mutation



Cloisonnée, la truffe encombrée de microbes, la bestiole s'extirpe tant bien que mal de son lit. Les pieds empêtrés dans la couette, la main en appui sur son coussin bordé de morve la bête étend sa patte tremblante vers le lecteur vinyle , la galette crépite et tourne joyeusement : 

Les bactéries se multiplient à une vitesse folle, système nerveux pris en otage, dérèglement des Sens, quelques micro-cellules prennent le contrôle et la maladie se répand, le thorax monte et descend mécaniquement, un souffle rauque brise ses propres os contre les parois de la trachée, c'est le comas électronique.


pix : ici

mardi 24 septembre 2013

en suspens





un livre inachevé - une piteuse plume
la main pâle de l'artiste
effleure doucement la folie

en suspens

ces quelques mélodies



l'ombre du poète s'accroche à la lumière
son souffle balaye d'une note
la portée


sa peine ne suffit plus
alors le rêve s'expose
dos à la brève
symphonie intérieure






Luther - Shelf (2026)

Nuit de mi-septembre 2026, on suffoque encore sous les journées écrasantes de chaleur, humeur grise. En slip sur le canapé, le coeur farci d...