vendredi 14 octobre 2016

bleu perdu



Les voix angéliques déstructurées me font fondre. Fall en est gorgé jusqu'au sommet de la plus haute tour, qu'on entraperçoit en arrière-plan, gommée par la stupeur bleue d'un brouillard perpétuel.
ça y'est, je replonge.
Oh ce que je ne donnerais pas pour l'oublier! ça fait des semaines que j'essaye, question de vie ou de mort, et pourtant...

Je m'adresse alors à l'inconnue aux cheveux sombres aperçue quelques fois dans mes rêves d'antan. Manifeste-toi, qu'on plonge vers l'avant!!


jeudi 13 octobre 2016

Childhood Mélodie

Il m'a suffi d'une seule écoute, tout comme des fois il nous suffit d'un unique regard, pour tomber amoureuse. D'une douceur inégalable de main de femme, guidé par l'espérance enfantine et bornée d'instruments en symbiose, Wingtip se vit comme un souvenir moelleux, de la trempe de ceux qui vous poussent à continuer, malgré la lâcheté ambiante. Même les cuivres se coulent dans l'atmosphère comme on se coule dans un vieux pyjama usé, fleurant bon l'amour maternel. La pochette, d'une électrique contemplation promet le plus fou des voyages, aux confins des rêves, à la limite de l'extase.




au diable la raison! 


L'innocence récupère son royaume et pousse de ses petites mains habiles son Roi sur un trône forgé de coussins, recouvrant le monarque d'une couverture laineuse et, genou à terre, le nez vers le sol, elle sourit.
Sous ses paupières closes pulsent une myriade de beats élastiques et de sous son corsage s'élèvent quelques fragments de voix séraphiques et blancs, tout étonnés de voir qu'il y a encore de la vie alentours. Les corps malades, dont les entrailles broyées par l'ignorance des Autres grésillent d'effroi, se tendent doucement vers la Lumière, en quête d'un repos bien mérité.
J'exagère à peine en disant que cet album est touché par la Grâce. J'y ai senti l'Amour , mais pas le bâtard que j'ai trop longtemps porté, celui qui broie et qui déçoit. Là il s'agit d'Amour sans contrainte, de Liberté. 



Et même si je dors seule ce soir, en écoutant Wingtip avant de m'évader, je ne crains plus les Ténèbres qui m'ont, les derniers temps, bouffée, car mes sens seront tournés vers des horizons moins mornes et peut être qu'enfin, demain, au réveil, je t'aurai oubliée. 



mardi 4 octobre 2016

à toi qui ne t'efface jamais

Un corps, ça s'apprivoise, ça se mérite. 

Et ta voix d'ange éclate en moi comme un essaim d'insectes chatoyants, nourris à la poussière d'étoile, camés jusqu'à l'âme, à moitié fous de ne jamais s'arrêter. 




Épouse-moi! 



dimanche 11 septembre 2016

la complainte de l'astre tiède






Il n’y a pas si longtemps tu sais, je me promenais à deux sous les étoiles, mes doigts encerclant sa main pétrie de douceur, si fine qu’un souffle stellaire pouvait la fendiller. Pourtant, jamais elle me lâchait.

Je me moquais de tout,surtout des choses sérieuses.

J’avançais en riant, persuadée que ce bon vieux Chronos, étendu à nos pieds, gloussant des farandoles de paroles flinguées, nous encourageait à piétiner, nous offrant ainsi l’Infini Désastre sur un plateau d’argent.

à force de la mordre, la poussière à fini par saigner

Sa peau teintée à laquelle je tenais tellement commençait à peler. d’abord par petites plaques éparses, y’avait pas de quoi s’alarmer.

Jusqu’à ce strident cri de volatile ressuscité qui m’a tirée de ma torpeur.

Grelottant d’effroi, j’ai découvert un amas de chairs fumantes à mes côtés, sur le matelas complice de tous nos jeux, des bulles noires claquaient en suintant. 

J’ai tendu l’oreille, tout près du coeur noirci, un doigt sur la touche de son âme fatiguée. Guidée par les regrets amers d’une horloge d’un autre Temps, je me mis à composer une étrange mélodie, que seuls les morts pouvaient entendre.

Je ne crois plus à l’Amour, puisque je l’ai tué.

le pauvre n’avait pas de visage, et pour seule arme, il brandissait maladroitement la ruine d’une Cathédrale au creux d’une de ses paumes.
Le combat, inégal, fut rapidement plié.

Je lui enfonçais dans le coeur – n’est-ce pas là ironique?- la pointe d’un vieux clocher.

Sous ma molle narine, un minuscule moucheron vient de s’écraser. D’un élan destructeur, je l’aspire ——- jamais plus il ne volera.

C’est ici qu je m’arrête, à la manière d’un trappeur épuisé. lorsque les force nous manquent et qu’on ne sait plus comment pleurer, la Nature se réveille et vient nous enivrer.

Assise sur un croûton de bois, les mains rafraîchies par un ruisseau lunaire, pressée de rêver aux étoiles, je songe à nous.

Et ton visage parfait, dessiné dans le beurre par un écureuil doué, me saisit et me hante, comme une morsure indélébile de quelques animaux maléfiques et dangereux, du genre de ceux que l’on se plaît à pourchasser.


dimanche 31 juillet 2016

sans nom

Ses doigts, rongés par l'urticaire, l'empêchent d'écrire aussi fluidement qu'à l'ordinaire . ça le fout en rogne, il ne cesse de cracher au sol en maugréant d'intelligibles jurons.
Derrière lui, un pigeon mort se décompose silencieusement . L'oiseau gît aux pieds de la grosse commode sombre, couverte d'un océan de livres jetés au hasard, cela fait des semaines qu'il n'y prête plus attention. 
L'envie d'en finir avec son texte obnubile ses pensées, contrôle ses gestes. La frustration grogne au fond de ses entrailles, remuant tripes et boyaux. Tournant lentement la tête vers la fenêtre, son regard croise l'horloge clouée au mur. Depuis combien de temps n'a-t-il pas mangé? 
Ses dents commencent à pourrir d'ennui, ses poils se teintent d'un gris dégueulasse, un gris déprimant et malodorant. 

à l'intérieur de son crâne un millier de pensées se fracassent contre l'os fatigué, commencent à ronger leur prison
de ses narines ruissellent quelques gouttes verdâtres qui viennent s'écraser sans bruit sur le dessus de ses mains, deux montagnes molles posées à plat sur le bureau. Le liquide visqueux recouvre la page blanche, il se met à rigoler 

ce n'est pas un son qui s'échappe de sa gorge mais une fumée noire aux relents de métal, ses yeux s'écarquillent sous le coup de la surprise, ses doigts couverts de plaies tentent vainement d'agripper son cou, sa peau se tend et se couvre de zébrures pourpres, puis commence à peler. 
il sent ses cheveux s'embraser et disparaître, sa vue se brouille , un liquide chaud dégouline de ses oreilles ratatinées, voilà, songe-t-il, la mort me prend trop tôt, je....

 

samedi 2 juillet 2016

le cosmos oublié

Au centre de ses iris l'Univers se réveille. 
un p'tit morceau de planète collé à son front braille à en fendre les étoiles

la structure de son visage glitch sans retenue ------


elle ne souhaite pas se dissoudre


pourtant .. 



jeudi 9 juin 2016

paisible traum


Je les imagine clairement, les deux poètes amis, marcher sur le chemin en terre, la nuque écrasée par le soleil, mâchouillant quelque brin d'herbe frais. 

Côte à côte dans les fleurs délicates, ils sortent d'une poche trouée un calepin fatigué. Malgré le silence de la campagne, ils se comprennent et composent en riant. 

Leurs Muses sautillent entre les nuages, enroulant leurs cheveux autour des ailes des oiseaux; brusqués, ces derniers fendent les airs en sifflant une curieuse mélodie. 


La biche a redressé ses oreilles : le vent se lève, accompagné d'une cavalcade violoneuse aux relents d'Orage qui effraye la campagne. 


Assoupis au pied d'un arbre, la bouche ouverte, Keats et Hölderlin rêvent à l'acide Amour qui, sur la pointe de ses sabots, parcourt monts et montagnes en susurrant d'innombrables prières que rien n'abime. 


LinLin - DISCO INFERNO

Elle a les crocs plus émoussés qu’un glaive, ça mord direct pleine chair / sa langue manie les mots comme une Reine manie ses sujets. Le gen...