Des mouches gluantes de pâté (pour chat) vrombissent entre les bouteilles, les canettes et les emballages vides qui jonchent la table, le plan de travail et l’évier de la cuisine.
Ça fait des jours que le bordel s’étend, permettant au chaos de gagner du terrain de manière inquiétante. Tout le monde se contrefout du bois couvert de croûtes, des miettes pourrissantes qui attirent des escadrons d’insectes voraces, de l’eau stagnante qui, à défaut d’être épongée, s’infiltre lentement, rongeant et bousillant les surfaces.
‘On n’est pas sérieux quand on a 17 ans’, on ne l’est pas non plus quand on a 30.
Et à 40 ?
Ta gueule.
Une conversation désordonnée entre les deux chats attire mon attention. Citrouille a la queue en pétard des jours goût de guerre, KitKat les griffes plantées dans un tapis; toutes deux se toisent en crachotant, je leur adresse quelques mots, Citrouille hausse ses épaules touffues et sort par la véranda.
Dehors, c’est un matin tranquille où l’air étouffe les bruits. En sortant sur le porche, j’ai machinalement attrapé une canette de bière dans le frigo que j’ai ouverte en en foutant partout. Les chats lécheront.
Je t’ai vue mourir de nombreuses fois, te suppliant de ne pas t’enfoncer dans les marécages de l’oubli - tu n’en fais qu’à ta tête.
Me laisseras-tu une place dans ton Royaume ?
Je me coltine une arrogance loyale depuis toujours, je l’aime bien, je refuse de m’en débarrasser. On peut apprendre à périr, je te jure, mais on ne peut pas apprendre à désaimer.
en fait :
J’ai peur de te survivre.
L’album de Russian Circles offre un voyage chaotique néanmoins maîtrisé (tiens tiens…), mais je crois que je veux plus que ça.
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